Publié le 18/10/2011
Stéphanie Brasey - Enquêtrice de l'étrange
De vieilles maisons, des appartements vides, des châteaux au passé historique chargé, des prisons, des asiles, des boutiques... conserveraient en leurs murs la mémoire d'être humains.
Ils y auraient aimé, soufferts ou disparus. Les lieux auraient donc une âme. Les défunts reviendraient les hanter.
Marchant sur les traces des célèbres détectives de phénomènes
surnaturels, Edouard Brasey et Stéphanie Brasey ont traqué ces
histoires pour le moins insolites et mystérieuses dans leur ouvrage
''Histoires vraies de maisons hantées'' et joué les enquêteurs de
l'étrange.
C'est Stéphanie Brasey qui nous invite aujourd'hui à la suivre dans
ce cortège de hantises à explorer à travers le temps; Des histoires
à nous faire frissonner que l'on soit sceptique, croyant ou tout
simplement amateur de sensations fortes.
Comment avez-vous eu l'idée d'écrire un
livre sur le thème des maisons hantées
?
Stéphanie Brasey : Nous nous intéressons beaucoup au surnaturel et
aux mystères. Le thème des maisons hantées est à ce propos très
riche.
De plus, nous avons été bercés tous deux par les histoires et le talent de Pierre Bellemare, Alain Decaux, Jean Ray, ces auteurs de qualité qui ont su conserver l'attrait pour le frisson et qui ont marqué nos mémoires.
Durant quelques années, nous avons aussi été bercés par les enquêtes d'une série que l'on ne présente plus, avec ses célèbres agents du FBI. Et le manque de cet esprit de ''ghostbusters'' qui pullulaient dans la fin des années 80-90, d'enquêteurs du surnaturel, nous a donné la première impulsion. Nous regrettions que l'intérêt pour cet univers se soit essoufflé aussi vite.
Nous avons choisi de nous aventurer sur le territoire de la chair de poule, de nous amuser, tout en narrant avec sérieux ces quelques histoires à frisson.
Notre propos, dans ce livre, est de livrer des témoignages attestés de hantise à travers le temps, de la façon la plus réaliste possible puisqu'il s'agit d'enquêtes. Nous ne cherchons à convaincre personne, mais nous étudions les liaisons tangibles entre la science, la physique et les manifestations à caractère paranormal.
Chacun est libre de croire ou non aux fantômes, ou à l'Au-delà. Mais tant qu'à y croire, autant avoir des réponses circonstanciées, que nous avons essayé de donner avec un ton mystérieux. Pour certaines d'entre elles, durant nos enquêtes, il nous est arrivé de partager et de vivre des expériences très troublantes.
Les lieux ont une âme
Stéphanie Brasey : Les lieux ont une mémoire comme ils ont une identité. Un lieu est tout aussi ''physique'' que l'est notre chair ou la réalité d'un objet. Cependant, c'est le choix de notre perception, de notre vision de la réalité, qui peut définir notre croyance ou pas.
La mémoire des lieux est constituée d'une empreinte, une sorte d'ADN. Mais pour reconnaître cet ADN, cette mémoire invisible, il nous faut faire appel à des instruments autres qu'un microscope de laboratoire mais plutôt notre microscope fonctionnel, notre intelligence, découdre entre la logique et l'inexpliqué, notre capacité émotionnelle et notre sixième sens.
Les lieux sont, pour la plupart, marqués par ceux qui y ont vécu, aimé, souffert, et qui souvent y sont morts, parfois dans des circonstances tragiques et douloureuses.
Je dirais donc que les lieux sont marqués par la charge émotionnelle. C'est le principe des ''hantises''. Une sorte d'empreinte donnant à certaines maisons, châteaux, hôpitaux, asiles, etc... accès à cette mémoire des défunts qui, d'une façon ou d'une autre, survivent à leur trépas sous forme de présences, parfois visibles, parfois invisibles, et que l'on nomme communément ''fantômes''.
Certains vivants s'habituent à ces voisinages de l'autre monde, mais la plupart en ressente plutôt de l'angoisse. Dans ce cas, il n'y a en effet que trois solutions : soit l'exorcisme, soit s'habituer au fantôme, le temps de comprendre ce que le mort sollicite depuis son trépas pour ''libérer'' les lieux, soit le déménagement !


Stéphanie Brasey, comédienne et co-auteur avec Edouard Brasey du livre ''Histoires vraies de maisons hantées'' publié en 2011 aux éditions Le Pré aux Clercs
Ectoplasmes, esprits, revenants, fantômes...
Comment les reconnaître ?
Stéphanie Brasey : Rappelons simplement que le fantôme – qui a donné le terme ''fantasme'' – est une apparition, une simple image (ou une voix, une odeur), tandis que le revenant est un ''mort vivant'', avec un corps de chair.
Les esprits renvoient plutôt au spiritisme, tandis que les poltergeist sont des manifestations physiques comme les coups dans les murs, les objets qui se déplacent, les pluies de cailloux etc...
Les ectoplasmes sont des substances de nature indéterminée, prenant une forme plus ou moins précise, souvent légèrement phosphorescente.
Les fetchers, quant à eux, apparaissent aux mortels à l'instant précis de leur décès, comme s'ils voulaient les prévenir de leur mort et leur dire un dernier adieu. Par exemple, on peut considérer la forme du fetcher dans l'apparition de la dame blanche avant la mort d'un être.
Les fantômes reviennent hanter des lieux familiers et auxquels
ils se sentent toujours attachés peu importe qu'il s'agisse
d'appartements vides, de maisons hors du temps, de maisons aux
esprits, de maisons hantées, d'asiles, de châteaux, de maisons du
diable... Ils n'ont pas de préférence particulière... tout est
possible !
Stéphanie Brasey : Les fantômes sont considérés comme des
''mal morts''. Ils ont une dette à régler, une
action à achever ou bien souffrent du mal qu'on leur a fait, et ne
peuvent partir en paix dans l'au-delà. C'est pourquoi ils demeurent
attachés aux lieux qui ont été le décor de leurs souffrances,
qu'ils hantent jusqu'à ce que le problème soit résolu.
Par exemple un défunt n'ayant pas eu de sépulture, enterré dans
une cave. Si on découvre sa dépouille et qu'on l'enterre en bonne
et due forme, il cesse de hanter les lieux. Ce thème revient assez
fréquemment dans certains récits.
Vous faites aussi référence aux morts qui
s'ignorent, les morts récalcitrants...
Stéphanie Brasey : C'est le sujet du film ''Le 6ème sens'' et de ''the Others'' (Les autres).
Certains morts, surtout à la suite d'un accident, d'une mort rapide (par exemple à la guerre) n'ont pas conscience qu'ils sont morts. Ils se sentent au contraire pleins de vie !
Ils sont cependant surpris de constater que personne ne leur
répond lorsqu'ils parlent, et qu'on les ignore. Ils finissent par
prendre conscience de leur état, souvent assez tard. Sinon, ils
errent sur terre, en se croyant vivant, et continuent d'habiter
dans leur ancienne maison au grand effroi des nouveaux occupants
!''
Des lieux, certaines époques de l'année, des
dates du calendrier, des heures, inviteraient davantage
la venue des esprits ?
Stéphanie Brasey : La nuit, surtout aux alentours de minuit, est le temps dévolu aux fantômes, ainsi que certaines dates, comme la nuit d'Halloween (Samain chez les Celtes) ou certaines saisons, comme l'automne et l'hiver.
Ces époques, moments et heures sont des transitions propices, charnières, des articulations du temps qui laissent échapper les esprits dans notre monde. Un peu comme le sable d'un sablier s'échappe d'un ballon vers l'autre.
Ces transitions sont liées par la notion de ''milieu'', milieu des mondes, milieu des notions de vie et de mort... Ce sont des ''centres nerveux du temps'' qui sont favorables aux esprits afin de basculer vers l'au-delà, pour pénétrer dans le passage de l'univers comme l'a fait Alice en ouvrant la première porte et en tombant dans le terrier du Lapin Blanc. Elle a ouvert des passages...
Les passages de la perception. Les esprits peuvent donc apparaître dans les maisons hantées, traverser la brume des cimetières, traîner dans les couloirs des asiles désaffectés, tous les lieux liés à la mort en empruntant ces ''terriers du temps'' ou ''failles temporelles'' si nous revenons à la physique ''quantique''.
Vous évoquez les ''intersignes'' dans ''Histoires vraies de maisons hantées'', de quoi s'agit-il ?
Stéphanie Brasey : Les intersignes, très courants en Bretagne, par exemple, sont des ''signaux'', des messages codés dont l'interprétation permet de se douter que l'on est en présence de fantômes, ou de la Mort elle-même, dont l'Ankou, le valet de la mort, est une figure très connue du folklore breton.
Nous évoluons tout de même dans une société où notre esprit affronte au quotidien un millier de signes et qui sont peut-être à moitié compris ou ignorés, non par notre sensibilité ou notre faculté à interpréter mais par notre volonté à rationaliser celui-ci tandis qu'il paraît déjà comme une évidence.
De plus, les signes ne sont pas forcément toujours des symboles ou des avertissements de caractère ésotérique ou surnaturel, sinon nous serions soumis à une focalisation qui relève plutôt du trouble obsessionnel.
Cependant, il ne faut pas banaliser et ignorer les héritages de nos cultures antiques et des religions qui ont établi la majeure partie du savoir que nous possédons aujourd'hui en ce domaine, et qui ont perpétué ainsi l'attrait que nous portons à la lecture et l'interprétation des manifestations.''
''Histoires vraies de maisons hantées''
Les amants fantômes de la rue de la Grange-aux-Belles (Résumé non exhaustif) : En 1967, Antoine, un jeune homme de retour de Bruxelles s'installe dans un deux pièces, situé au 5ème étage de la rue de la Grange-a-ux Belles.
Tout pourrait être parfait pour lui tant il apprécie le calme de son nouvel appartement. Mais une nuit, il est tiré de son profond sommeil par un vacarme infernal, provenant de l'étage du dessus : des pas précipités, des courses-poursuites, des glissements de danse, un lit qui grince...
Sa concierge lui confirmera que le locataire du 6e étage Lucien Dufays n'est jamais présent et qu'elle ne l'a vu qu'une seule fois en deux ans ! Pourtant, ce remue-ménage se reproduit entre le 18 et le 22 du mois.
Courageusement, Antoine décidera d'en avoir le cœur net pour découvrir un appartement complètement vide mais surtout une lettre jaunie et un bouquet de roses fanées ! Il mènera son enquête pour découvrir que Lucien et Elisabeth, un couple ayant vécu une liaison passionnée dans ce lieu, s'y retrouvait en secret le 18 de chaque mois.
Des amants restés unis par-delà la mort et qui
continueraient à entretenir leur histoire d'amour
!
Dans le récit ''Les amants de la
Grange-aux-Belles'', Antoine n'avait aucun lien avec les fantômes
de Lucien et d'Elisabeth, mais était bien confronté à un cas de
hantise ?
Stéphanie Brasey : Nous aimons beaucoup ce récit, qui raconte une
histoire de fantômes amoureux.
Certains fantômes défient le temps et la mort en s'aimant après leur trépas, y compris en dérangeant la vie quotidienne des vivants ! Des histoires de morts qui ne sont pas effrayants, mais au contraire, encore ''humains'', sensibles et bienveillants, sont tout aussi envoûtantes.
Avouez qu'un mort qui dépose des roses sur le palier d'une porte ainsi qu'une lettre d'amour sur un lit, c'est romantique.
Il est toujours possible de suggérer des théories, des interprétations (nous le faisons dans notre livre), mais il faut aussi accepter de ne pas tout expliquer, et conserver la part de mystères et d'étrangeté qui font tout le charme de ces histoires.
Nous les avons rédigées dans l'esprit des ''enquêteurs de l'étrange'' qui nous ont précédés, comme les écrivains Jean Ray ou Claude Seignolle. Ces histoires sont vraies, certes, mais elles peuvent aussi se raconter comme des nouvelles fantastiques, et se lire comme telles...
La boutique d'articles religieux de la place Saint-Sulpice (Résumé non exhaustif) : En 1990, Madame Duval, une vieille dame âgée et fortunée envoie Marie, la jeune fille qui est à son service à la boutique de la place Saint-Sulpice pour y acheter des bougies de neuvaines, un crucifix en bois et de l'encens.
La jeune fille remarque à l'angle de la rue Bonaparte et de la rue du Vieux-Colombier une boutique qui lui semble issue d'un passé lointain. À l'intérieur de la boutique, un couple de personnes âgées la sert.
Marie n'a jamais vu une telle abondance et un tel choix de produits. Elle s'interroge encore plus quand la vieille dame lui demande de régler 100 sous pour ses achats. Madame Duval très surprise de la qualité de l'encens renvoie Marie à la boutique. Or Marie ne retrouvera jamais la boutique.
Un homme tenant une parfumerie dans le quartier lui
confie qu'une boutique d'articles religieux avait été autrefois
tenue par un couple de personnes âgées en ce lieu, mais qu'elle
avait fermé à la veille de la seconde Guerre Mondiale ! Et si Marie
avait fait un saut dans le temps...!
Certains lieux paraissent défier le temps ?
Ils survivent éternellement. Ils apparaissent, disparaissent,
réapparaissent comme par enchantement ? C'est le cas de l'histoire
de la boutique d'articles religieux de la Place Saint-Sulpice.
Comment interpréter tout ça ?
Stéphanie Brasey : Nous tenons cette histoire de l'écrivain
Sylvie
Simon, à qui elle fut racontée par un témoin digne de foi.
Cette aventure en effet très étrange évoque les sauts dans le temps : une boutique du passé peut-elle apparaître, le temps d'une petite heure, à notre époque et disparaître ensuite. Ou bien la jeune femme qui y est entrée a-t-elle fait brièvement un saut dans le temps ?
Une autre de nos histoires, celle du briquet d'or de la Rue de Vaugirard, répond au même principe : un jeune homme assiste à un concert privé dans un appartement qui, juste après son départ se révèle inhabité depuis des décennies.
Que s'est-il passé ? Mirage ? Affabulation ? Voyage dans le temps ? Mystère et boule de cristal...
Toujours est-il qu'Albert Einstein, à qui fut rapportée cette anecdote, a répondu que « l'on pouvait trébucher dans le temps comme dans les marches d'un escalier ». Nous ne saurions mieux dire que l'inventeur de la théorie de la relativité...
Le Numéro141 a disparu (Résumé non exhaustif) : Dans les années 60, deux amants se sont aimés, mais ils se sont lassés au fil du temps. Chacun préfère prendre un peu de distance. Ils concluent entre eux un pacte et décident de s'accorder une année chacun de leur côté, sans chercher à se voir ou à se donner des nouvelles.
L'année révolue, ils aviseront pour le devenir de leur relation. Elle s'installe tout d'abord à New-York puis un an plus tard, elle revient s'installer à Paris, au N°-141 d'un immeuble situé près de l'Eglise Saint-Eustache.
Peu après son installation, elle se décide à rappeler son ancien amant. Leurs sentiments étant demeurés intacts, elle lui propose de venir la rencontrer chez elle au N°-141- 4ème étage. Malgré toutes les vérifications des numéros des façades des immeubles, l'homme ne trouvera pas l'endroit.
Le N°6141 restera introuvable. La concierge reconnaîtra
que le N°-141 n'existe pas, qu'il a été rasé, voici 40 ans ! Et
s'il y avait une 4ème dimension dont certains resteraient
prisonniers... !
Les numéros de rue s'évaporent sans véritable explication comme
l'histoire du Nunméro 141 dans votre ouvrage ? Étaient-ce autrefois
des lieux, des immeubles malfaisants, l'habitation de quelque
mauvais sorcier...ou juste des oublis de reconstruction ? Des
personnes auraient la possibilité de s'infiltrer dans les brèches
du temps en pénétrant dans ces maisons et y demeureraient bloquées
à jamais ?
Stéphanie Brasey : Qui sait ? Toujours est-il que ces numéros
absents existent bel et bien, ou plutôt n'existent pas ! Il
existerait peut-être une ''twillight zone'', une quatrième
dimension dont certains restent prisonniers.
Ce qui peut paraître troublant à nos yeux est dans la certitude que le temps n'est pas ''linéaire''. Que nous le considérions comme quelque chose de rectiligne, qui va dans un sens précis d'avant en arrière, d'un point à son opposé, de la vie à la mort, un peu comme un courant continu alors qu'en fait il peut prendre des formes ''aléatoires'', des formes périodiques qui ignorent le sens linéaire que notre quotidien a l'habitude d'observer.
Je crois que le temps est constitué comme une fréquence, qu'il conserve ces ''aller-retour'' mais que les champs de manifestations de ces aller-retour ne sont pas linéaires mais larges, infinis... Étendus beaucoup plus loin que les fantômes, et nous contraignent à nous poser des questions mettant en jeu nos connaissances et point de vue philosophiques, religieux et scientifiques...

Hantises d'hier à aujourd'hui
Des tables tournantes à internet
Dans votre ouvrage, on notera aussi que
les fantômes utilisent à notre époque le téléphone pour communiquer
avec les vivants et transmettre leurs messages; Vous suggérez qu'il y a aussi des fantômes sur
internet...
Stéphanie Brasey : Sans doute. L'espace virtuel fourni par les
nouvelles technologies est, plus que jamais, le lieu mi-imaginaire
mi-réel où peuvent se manifester des présences désincarnées.
Puisque nous parlions précédemment des fréquences, on peut aborder le thème des ondes électro-magnétiques. Ces ondes, ces phénomènes de stimulations qui font partie des ''spectres visibles'' traversent toutes formes de vie comme elles alimentent aussi notre cerveau.
Alors peut-être qu'elles sont aussi présentes dans les ordinateurs. En somme, je ne vois pas pourquoi les fantômes de nos ordinateurs ne seraient pas éventuellement les virus qui la contaminent... Mais si l'on reprend précisément le vocabulaire scientifique de Newton, les ondes sont des spectres, et des spectres, il y en a tout un tas. Des spectres visibles aux spectres lumineux...
Il se peut donc que les fantômes se comportent comme une onde, en fait... Cela revient à dire que la vie n'existe pas, que la mort n'existe pas et que tout est ''ondes''... Voir peut-être que nous sommes tous des fantômes qui s'ignoront...
Ce serait terrifiant pour certains de découvrir qu'entre un ordinateur et vous il n'y a pas de différence, et merveilleux pour d'autres.
Par exemple, prenez le câble de l'antenne d'une chaîne d'émission' de télé... Cette antenne capte des ondes et les retransmet à travers les câbles que je sache... Ces câbles où vont-ils ? Jusque chez vous, reliant votre prise à votre écran pour obtenir la 'réception' de l'image qui fut décomposée en ondes radios...
Donc, nous pensons que tout est possible et qu'il y a une
logique scientifique qui en grande partie peut se mesurer et
expliquer les manifestations de ces phénomènes et pourquoi pas la
présence de fantômes dans les câbles de nos télés comme dans
l'énergie électrique qui circule dans nos ordinateurs...
Notre époque n'est pas plus rationnelle qu'une autre. Rationaliser
les choses, ce sont les séparer de leur ensemble... C'est aussi une
manière de se voiler le regard.
D'ailleurs, qu'est-ce que le réel ?
Avant de savoir que des images et des sons pouvaient se transmettre à distance par des ondes invisibles, la télévision et la radio appartenaient au domaine de l'irrationnel et de la magie. Aujourd'hui, c'est devenu chose courante et naturelle.
Qui vous dit que l'on n'inventera pas demain une machine permettant de voir l'au-delà et donc les fantômes ou de se téléporter dans le monde des morts puisque, si les fantômes existent, ils coexistent avec nous...
Vivre ou survivre avec ses fantômes
Les Pays Celtes, l'Écosse, l'Irlande, le Pays de Galles semblent mieux vivre avec leurs fantômes, comment l'expliquez-vous ?
Stéphanie Brasey : Ceci est dû sans doute en grande partie au climat de ces contrées, au nombre de châteaux où le brouillard, élément lié aux apparitions dites ''embrumées'', facilite la sensation que l'on est entouré de présences obscures.
Il y a par exemple le fantôme de Marie Stuart, la reine décapitée, qui arpente souvent les meurtrières du donjon du château de Craignethan ou celui de ''La Reine Grise'' qui joue des parties de cartes avec la galante compagnie du diable au château de Glamais.
Les Anglo-saxons et les Celtes croient en tout cas aux fantômes, au point d'avoir créé un ''Ghostclub'', un club de chasseurs de fantômes''.
Aux Etats-Unis, on invite des
particuliers à passer une nuit dans un château hanté ? Que penser
de ce tourisme de phénomènes paranormaux ?
Stéphanie Brasey : Pourquoi pas ? Certains de ces lieux, comme
''La Maison
Winchester'', dont nous parlons dans notre livre, ont été
d'authentiques maisons habitées par les esprits.
Cette maison a été construite par la veuve de l'inventeur de la fameuse carabine à répétition Winchester pour calmer les esprits des Indiens morts) et sont devenus aujourd'hui des musées que l'on peut visiter... Mais où certains touristes croisent encore des présences étranges.
Livre : ''Histoires vraies de maisons hantées'' de Stéphanie et Edouard Brasey, éditions Le Pré aux Clercs. Des mêmes auteurs : ''Le Traité de Sorcellerie'' et ''L'Agenda du merveilleux''. A paraître : Le Traité des arts divinatoires pour 2012.
Edouard Brasey est écrivain et conteur. Diplômé de l'ESSEC, Droit, Sciences PO et titulaire d'un DEA de cinéma. Il a été journaliste à Lire et l'Expansion avant de se consacrer à l'écriture et au conte. Auteur d'une cinquantaine d'ouvrages, il est l'un des spécialistes réputés du monde de la féérie, des contes, des légendes et de la fantasy. Il est également directeur littéraire des collections Fantasy française et illustrée au Pré des Clercs. Il est entré dans l'édition 2009 du Who's Who. Edouard Brasey donne des conférences et des spectacles consacrés au merveilleux et à la féérie en compagnie de son épouse Stéphanie, elle-même auteur et comédienne.
Fantômes et lieux hantés sur besoindesavoir.com
Crédits, sources, notes, références©S.Brasey. Éditions Le Pré aux Clercs.




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