Publié le 02/06/2011
Djinns, Kdhims, pouvoir des Sourates... El-Kahina dévoile les secrets de la magie arabe
La magie arabe évoque le parfum des Mille et une nuits et reflète l'univers magique de l'Orient.
Considérée comme l'une des plus puissantes, la magie arabe est pratiquée dans le monde entier. Ces pratiques discrètes issues des cultures bédouines, permettraient d'obtenir des effets merveilleux à l'aide de moyens surnaturels... Une chose est sûre, aujourd'hui, la magie arabe n'est plus considérée comme un tabou ou un phénomène marginal.
El Kahina lève le voile sur tous les rituels et autres techniques occultes. Son livre ''Secrets et recettes de magie arabe'' (Éditions Trajectoire) constitue une excellente introduction à l'étude de la magie arabe.
Face à la demande croissante et surtout confrontée à l’incompréhension d’une culture aussi différente de la nôtre, El-Kahina s'est dit qu’il était temps de faire profiter de son savoir ceux qui s’interrogeaient sur le sujet sans oser en parler; Un monde où il faut accepter le bien et le mal.
Origines de la magie arabe
El-Kahina : La magie arabe est née comme toutes les autres ! D’ailleurs, il est plus intéressant de s’interroger sur la notion d’arabité a proprement parlé. Elle est issue du savoir ancestral des grands chefs de clan, renforcée voire modifiée au fil des siècles par l’influence de l’Islam.
Si à l’heure actuelle, la magie orientale s’est étendue à l’Europe, c’est notamment grâce aux déplacements de populations. Les français d’origine algérienne ont emmené avec eux une partie de leur culture qui nous semble, à nous Occidentaux, incompréhensible. Mais ne nous méprenons pas : les points communs entre la magie arabe et celle exercée dans nos campagnes au Moyen Âge sont bien plus nombreux qu’on ne pourrait le penser.
Si cette magie est autant crainte, c’est parce que les pratiques semblent archaïques à l’Occidental enfermé dans son bureau qui ne connaît ni les vertus des plantes, ni l’influence de la lune. Pour lui, cela évoque seulement ce qu’il a pu voir au cinéma dans « Angel Heart » ou dans les films de Jacques Tourneur.''
Rares sont les Occidentaux qui comprennent la magie de manière générale. Si la magie arabe est mal comprise, c’est simplement à cause de la différence de culture.
Existe-t-il des des grimoires de magie arabe ?
El-Kahina : La civilisation arabe est une civilisation de l’oral et non de l’écrit.
Ils ne disposent donc pas comme en Occident de nombreux grimoires de référence. En revanche, on retrouve le Coran comme texte référant, n’en déplaise à certains.
Quelle est la différence entre la magie blanche et la magie noire dans les Pays arabes ?
El-Kahina : La frontière est bien plus fine entre les deux que chez nous. Les deux se mêlent étroitement. Il faut dire que la culture n’est pas la même, car chez nous, l’Église a joué un grand rôle dans la conception du monde. Et donc dans la notion de bien et de mal.
Comme toute magie, elle peut changer le cours des choses. En mieux ou en moins bien, tout dépend de l'utilisateur !
Certains soulignent que les effets de la magie sont surtout le fruit d'une sorte de conditionnement mental. Donner du crédit à la magie, y croire... C'est voir et subir. Que pensez-vous d'une telle affirmation ?
El-Kahina : Il est clair que la pratique de la magie va de pair avec une discipline mentale très forte. C’est pour cette raison que les occultistes de grande envergure pratiquent le yoga et la méditation.
Après, les gens qui pensent avoir le mauvais œil en sont responsables une fois sur deux. Pour s'en protéger, on a ce que l'on appelle vulgairement la « méthode Coué ». L’état d’esprit avec lequel on aborde les choses est primordial. Ensuite, il y a des règles de bases : purifier son appartement et son esprit par exemple.


Pouvez-vous nous parler des démons et des Djinns ? Ils semblent avoir une place importante dans la magie arabe ?
El-Kahina : Les démons existent dans l'Islam, mais sont très différents de ceux que l'on peut trouver dans la religion catholique, par contre les djinns sont ce que certains appelleraient aujourd’hui des « entités ». Elles peuvent être positives comme négatives, facétieuses mais utiles.
Ces djinns voient ce que fait l’homme, mais rares sont les hommes qui les voient. La légende dit que Dieu n’aurait pas eu le temps de les terminer et leur aurait assigné cette place à côté des hommes.
La magie arabe utilise des matériaux, des parfums ou encore des témoins biologiques ? À quoi servent-ils ?
El-Kahina : Les témoins biologiques sont les éléments qui proviennent du corps physique : les cheveux, les ongles, le sang parfois… Ils sont très importants dans la mesure où, à travers un témoin biologique, on part du principe que l'on peut agir sur l’individu tout entier.
On parle de « vibrations ». Au travers du témoin biologique, on a accès aux vibrations de la personne. Et donc par extension, à son esprit.
Quelques mots clés
El-Kahina : Les invocations sont importantes mais plus facilement modifiables. Elles sont nécessaires, mais peuvent être personnalisées. La recette, elle, ne doit pas être changée.'
La pâte lunaire est un produit fabriqué par le sorcier ou la sorcière qui lui sera utile dans plusieurs situations. Pour le bien comme pour le mal. Elle doit être préparée une nuit de pleine lune, d’où son nom.''
Les sourates sont les différents chapitres du Coran et sont au nombre de 114. Certaines d’entre elles sont utilisées pour se protéger et d’autres donnent des indications à suivre au quotidien.
Le kdhim est comme une sorte d'ange gardien. Le « Taleb » ou « étudiant » peut le contacter et le khdim se présente aussi pour l’aider si besoin est.
Les talismans sont des objets importants dans la mesure où ils servent de support pour une action magique. Ils peuvent, comme en Europe, être constitués de plantes et de pierres. Mais aussi de substances moins agréables : os, cheveux ou autres…''
Que ressentirait une personne sous l'emprise de la magie arabe ?
El-Kahina : Ce qui est valable pour la magie arabe est valable pour toutes les autres.
Les symptômes les plus courants sont une fatigue inexpliquée, une grande lassitude, des corps énergétiques faibles ou une fréquence vibratoire modifiée.
Les gens les plus réceptifs sont ceux qui sont déjà faibles au départ, c’est comme pour les virus !
La magie peut-elle se retourner contre le demandeur ?
El-Kahina : Vous connaissez le dicton : tout se paye. Là, c’est pareil. On déplace quelque chose pour le mettre ailleurs, des énergies en l’occurrence. Or, la nature a horreur du vide. Si en plus, les intentions étaient mauvaises et nuisibles à l’autre, la facture risque d’être salée. Ce choc se manifeste par des maladies, accidents, bref, des choses désagréables…''
De manière générale, on utilise la Magie pour améliorer son quotidien, même si beaucoup pensent plus à nuire au voisin qu’à améliorer les choses.
Le sort lancé peut se retourner contre l’envoyeur, même s’il est bien protégé. Nul n’est à l’abri d’une fausse manœuvre ou d’une mauvaise estimation de la situation.
Comme je le dis dans mon introduction, je conseille la prudence ! Tout d’abord, l’opérant doit être sur de ce qu’il veut entreprendre en ayant auparavant bien étudié toutes les conséquences possibles de ses actes. Même celles qui lui paraissent improbables...
Il existe des remèdes, heureusement d’ailleurs ! Ils sont multiples et certains prêtres officient d’ailleurs très bien ainsi que certains occultistes.
Livre : '' Secrets et recette de magie arabe'' de El-Kaina (Éditions Trajectoire-Février 2011). El-Kahina donne des séminaires sur la magie et compte multiplier les week-ends consacrés à différentes thématiques, ainsi que des conférences. Elle vient de terminer un ouvrage consacré au Temple de Set dont la sortie est prévue prochainement.
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Crédits photos©David Monjou-Éditions Trajectoire




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