Publié le 28/03/2011
Katherine Quenot - Le Livre du Diable en 666 questions
Originaire de Normandie, elle vit depuis une vingtaine d'années à Paris.
Elle s'est mise à l'écriture tout d'abord à travers le journalisme, de la revue Pilote au Figaro. Si elle a longuement étudié la psychologie humaine (elle est diplômée de psychologie et de psychomotricité), elle en est venue tout naturellement à s'intéresser à la psychologie des fées, des farfadets, des elfes, des sorcières, des vampires et même du Diable. Des sujets énigmatiques et dérangeants à la fois !
On pourrait dire que son intérêt de la réalité l'a amené à un monde prétendu irréel, un univers qui échappe à la compréhension. Dans ''Le Diable en 666 questions'', Katherine Quenot réunit toutes les connaissances sur ce personnage mythique et malfaisant, l'être le plus craint depuis l'aube de l'humanité.
Satan a longtemps travaillé l'imaginaire et éprouvé notre croyance en Dieu à travers de nombreux faits, au gré du temps et des époques. On se pose une multitude de questions sur lui sans trouver de certitudes. Qu'il soit Lucifer, Belzébuth, peu importe le nom que l'on prête au Malin : il nous fascinera toujours.
Katherine Quenot livre les diverses versions des récits, leurs controverses, des anecdotes historiques, les mentalités des gens à l'égard du Diable, les croyances... une foule d'informations intéressantes qui nous entraînent dans un tour du Monde du Diable en 666 questions.
Le Livre du Diable est la Bible démoniaque par excellence, une véritable encyclopédie aussi, que l'on soit passionné de démonologie ou simple curieux. C'est en quelque sorte : tout ce que l'on a toujours voulu savoir sur le Diable mais sans jamais oser le demander. Un livre sulfureux à souhait comme le Prince des Ténèbres avec une foule de renseignements passionnants, un livre qui fait aussi ressortir le côté sombre de la nature humaine avec sa folie, sa vanité et sa soif de pouvoir et de sang...
Et au final, si toutes ces croyances, ces histoires, ces légendes n'étaient que des prétextes et des faux-semblants pour se rapprocher un peu plus de la part sombre qui peut sommeiller en chacun de nous ?
Après la parution de vos différents ouvrages, il paraissait presque inévitable que vous en veniez à aborder le thème du Diable ?
Katherine Quenot : Le Diable a dominé la vie de nos ancêtres pendant des siècles. On y croyait dur comme fer. Je trouve que ce serait très arrogant de se moquer de cette croyance.
Notre époque n'a pas l'apanage de la vérité.
Pourquoi vous êtes-vous intéressée à un tel sujet et l'avoir traité en 666 questions ?
Katherine Quenot : Parce que ce nombre est celui du Diable, désigné comme la Bête dans l'Apocalypse de Saint-Jean (Chapitre 13 verset 18 : Que celui qui a de l'intelligence calcule le nombre de la Bête. Car c'est un nombre d'homme et son nombre est 666).
Les interprétations de ce nombre sont liées à une numérologie religieuse d'origine kabbalistique.
Les premiers Chrétiens persécutés par l'Empereur Néron auraient créé ce symbole 666 et l'auraient identifié au Diable à partir d'une association de chaque lettre de l'alphabet, un multiple de 9 dans l'ordre numérique. En additionnant les nombres multiples de 9 associés aux lettres du mot ''Lucifer'', on obtient 666.
De tout temps, le Diable a toujours répulsé. Pourtant aujourd'hui encore, il attire autant la curiosité et met en mouvement notre imaginaire. Tout cela paraît très paradoxal. Comment expliquez-vous cette sorte d'engouement pour ce personnage hors du commun?
Katherine Quenot : Nous ne venons pas de nulle part : nous venons de tout ce qui nous a précédé, de tous ceux qui nous ont précédé. Le Diable est enfoui au fond de nous et peut-être pas seulement dans notre inconscient collectif. On peut le voir aussi comme le Mal au fond de nous, ce Mal qui nous empêche d'être vraiment libres.
Pour grand nombre, le Diable est perçu comme réel.

Comment pourrait-on définir le Diable ?
Katherine Quenot : On lui prête tellement d'apparences, de formes variées. N'y a-t-il pas une part de l'inconscient qui agit dans tout cela ? J'ajouterais que oui. Le Diable est réel, car il est réellement agissant.
A-t-on vraiment le libre arbitre ? Pas sûr. Comme le disaient les Cathares, on ne choisit pas librement le Mal. Le Mal est une sujétion.
Après toutes vos recherches, la rédaction de ce livre, êtes-vous vous-même convaincue de l'existence du Diable ou tout du moins d'un certain aspect ? Que faut-il en retenir ?
Katherine Quenot : Je crois que nous sommes des êtres fondamentalement purs.
Quand quelqu'un tombe devant nous, notre mouvement spontané est de l'aider à se relever. Quand quelqu'un se blesse devant nous, ça nous fait mal dans notre chair et nous souhaitons qu'il guérisse rapidement. Mais des nuages, des souffrances voilent cette pureté. Peut-être est-ce le Diable qui agit réellement, je ne sais pas.
En tout cas, je retiendrai surtout que nous ne sommes pas des créatures du Mal, même si nous tombons sous son emprise.
Toutes ces croyances, ces histoires que l'on attribue au Diable ne sont-elles pas en fait un prétexte pour faire ressortir la part sombre de l'humanité ou la dissimuler ?
Katherine Quenot : On ne le saura jamais, ou peut-être seulement quand nous passerons de l'autre côté. Mais ce personnage s'impose depuis que l'homme est homme, ce qui donne à réfléchir, non ?
Il a traversé les siècles, et même s'il est en veilleuse maintenant, il est toujours là, si prompt à se réveiller selon les événements et les situations...
Pourquoi Satan a-t-il pris autant de noms et autant de formes pour se décrire ?
Katherine Quenot : On a tellement eu l'impression d'un être que l'on croyait connaître, mais qui soudainement devenait insaisissable, se métamorphosait au gré de ses envies, de ses intérêts et des opportunités sous d'autres traits et en d'autres lieux avec un caractère opposé.
N'y aurait-il pas une certaine ressemblance avec les hommes et leurs attitudes si changeantes ?
Le Mal est insaisissable parce qu'il est incompréhensible. Cela semble tellement absurde de se faire mal à nous-mêmes et les uns aux autres.
Pourquoi essayer de cerner le Diable, on lui a donné de multiples aspects. Mais ne nous y trompons pas : Satan n'a pas grand-chose à voir avec l'épouvantail agité par la religion catholique. Celle-ci s'en est grassement servie pour asservir les peuples et les mentalités. Satan a bien pu être au service de l'Église, je crois !
Pensez-vous que l'imaginaire collectif a contribué à entretenir l'image que l'on se fait du Diable, qu'à travers toutes ces histoires et ces récits, on en a rajouté un peu plus pour faire peur et impressionner ? Ou bien y aurait-il malgré tout une part de vérité derrière tout ça ?
Katherine Quenot : L'imaginaire collectif ne sort pas de rien, il sort de ce que nous sommes. Qui sommes-nous ? Cette croyance au Diable répond déjà à la question.
La lutte entre le Bien et le Mal n'est-il pas au centre de nos vies, au centre de tants de récits, et ce depuis l'aube de l'humanité ?
Le Livre du Diable en 666 questions publié en 2011 aux éditions Desinge et Cie. Katherine Quenot signe son premier roman en 1991, ''Blanc comme la nuit'', ''fantastique thriller'', puis ''Rien que des sorcières'' en 1993 qui a obtenu le Grand prix de l’Imaginaire, ''Si tu m'aimes'' en 1995 et ''Momie'' en 1998.
En 1994, elle a réalisé en collaboration avec Guillaume Artos ''Le livre des sorcières'' qui a connu un très grand succès. De 1999 à 2000, elle a publié seize titres dans la collection ''Les compagnons de la peur'', une série d'aventures mettant en scènes de jeunes adolescents dans un monde irrationnel.
Depuis 2005, elle collabore à de nombreuses collections pour enfants adaptant à l'écriture les récents succès de Disney, de l'Atltantide à la Planète au Trésor. En 2005, elle s'est vu décernée le prix de la Nuit du Livre et BD pour son ouvrage ''Le livre secret des elfes''.
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Crédit photo©Ajvngou




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