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Publié le 12/01/2012

Vendredi 13 : « Je ne suis pas superstitieux parce que ça porte malheur »

Vendredi 13  : « Je ne suis pas superstitieux parce que ça porte malheur »

Chaque année, il y a un ou deux vendredis qui correspondent à un treize.

Mais en 2012 nous trouverons cette rencontre au mois de janvier, au mois d’avril et au mois de juillet.

Dès le premier mois de l’année, le 13 est un vendredi. Le troisième mois qui suit, il en est de même, ainsi encore que le troisième mois après ce deuxième vendredi 13. Trois fois cette présence, correspond-elle à l’annonce d’une réalisation ? Nous savons que le nombre 3 est le symbole de la réalisation.

Nous nous interrogeons entre symbolisme et superstition…

Dans le domaine de la superstition, les avis sont partagés. Le vendredi 13 est-il un jour de chance ou un jour de malchance ?

Pour certains, c’est l’occasion de miser sur un jeu de hasard, tandis que pour d’autres, c’est la crainte du nombre 13 aux vertus magiques lié à ce jour non moins mystérieux qu’est le vendredi.

D’où viennent ces superstitions et leur ambivalence ?

Sommes-nous superstitieux ?

À cette question, il est fréquent d’entendre répondre avec humour : « Moi, je ne suis pas superstitieux parce que ça porte malheur ».

Être superstitieux, c’est croire aux présages révélés par des faits, des rencontres ou des situations auxquels nous attribuons la possibilité d’influencer le déroulement de notre vie.

Être superstitieux, c’est aussi ne pas avoir une entière confiance en soi et en son libre arbitre. C’est prendre le risque de  se sentir dépendant de multiples causes plus ou moins anodines.
  
Il est curieux de constater que si ces « croyances » varient selon les époques et les régions, il existe un « tronc commun » qui concerne toute l’humanité.

Qu’il s’agisse de rencontrer un chat noir, de renverser une salière ou de briser un miroir, il se trouve toujours quelqu’un pour affirmer : « Attention, ça porte malheur ! ».

Personnellement j’ai eu chez moi pendant des années plusieurs chats noirs qui apparemment n’ont pas perturbé mon existence. Pour la salière, c’est différent. Au long des siècles le sel fut précieux, rare et recherché et il pouvait être mal vu de le gaspiller.

Lorsque dans une conversation des possibilités de désagréments sont évoquées, il est coutume de dire : touchons du bois ». Pour conjurer le mauvais sort, les superstitieux préciseront : « touchons du bois rond ».

Pour les voyageurs d’autrefois, il pouvait être utile de serrer fortement son bâton lorsqu’une silhouette menaçante apparaissait au détour d’un chemin.

Nous sommes sollicités par une multitude de « petites superstitions » bien enracinées et que nous respectons par habitude, par jeu ou, peut-être, par une vague crainte.

Religion et superstition voisinent souvent et certains philosophes imprudents n’ont pas manqué d’affirmer que les religions n’étaient que des superstitions.

Religion et superstition

Les religions et les superstitions voisinent souvent et certains philosophes imprudents n’ont pas manqué d’affirmer que les religions n’étaient que des superstitions. Parmi de nombreuses définitions de la superstition, j’ai relevé celle-ci : « Fausse idée que l’on a de certaines pratiques de religion auxquelles on s’attache avec trop de crainte, avec trop de confiance ou trop de minutie ».

De grands noms de la pensée humaine ont su faire la différence entre la superstition et ce que représentent un symbole et un rituel. Pascal a écrit : « La piété est différente de la superstition ; soutenir la piété jusqu’à la superstition, c’est la détruire ».

La Bruyère a affirmé : « La superstition semble n’être qu’une crainte mal réglée de la divinité ».

Il est évident que des liens existent entre nos réactions superstitieuses et la spiritualité religieuse : « Si je n’obéis pas à telle règle, je serai puni de telle ou telle façon ; dans cette vie ou dans une autre ».

Les racines de bon nombre de nos superstitions sont ancrées dans nos religions contemporaines ou dans des religions d’un très lointain passé. L’intérêt que nous portons au vendredi 13 en est une illustration.

Vendredi et vendredi treize

Ce sixième jour de la semaine est le jour de Vénus. Le vendredi qui précède le jour de Pâques est le jour anniversaire de la mort de Jésus-Christ. Nous avons là l’idée de la mort suivie d’une résurrection.

Est-ce une simple coïncidence de découvrir que chez les Aztèques, Vénus représentait le dieu Quetzalcoatl, ressuscité à l’Est, après sa mort à l’Ouest ? Le mythe de Quetzalcoatl, le serpent à plumes, présentait, dans la crainte qu’il inspirait, les deux aspects de la dualité symbolique : mort et renaissance.

La religion chrétienne a fait du vendredi un jour de deuil et de pénitence. Il semble que c’est depuis la mort de Jésus sur la croix que le vendredi est considéré comme étant un jour maléfique. Mais cette mort peut aussi être considérée comme l’évènement indispensable pour permettre une résurrection glorieuse.

Lorsque le vendredi et le nombre treize sont réunis, comme ce sera le cas en février, en mars et en novembre 2009, ils constituent pour beaucoup le jour le plus soumis au destin et à des influences contradictoires.

Le 13 était le nombre sacré des Mayas dont l’année se composait de vingt cycles de treize jours. Nous le retrouvons avec le 20 chez les Toltèques, les Olmèques et les Aztèques. Ces derniers calculaient le temps d’une année en fonction du soleil, mais aussi en tenant compte des treize lunaisons de l’année solaire.

Les Indiens avaient treize dieux et le plus grand était le treizième. Le treizième d’un groupe est souvent considéré comme le plus puissant. Dans la mythologie grecque, c’est Zeus dans le cortège des douze dieux. Ulysse est le treizième de son groupe… et il échappe au cyclope. Nous retrouvons cette même idée dans la chrétienté avec Jésus et les douze apôtres.

Philippe de Macédoine influença la mauvaise réputation prêtée au nombre treize. Il fut assassiné peu de temps après avoir fait ajouter sa propre statue à celles des douze dieux majeurs, lors d’une procession.

La kabbale dénombrait treize esprits du mal. Quant au treizième chapitre de l’apocalypse, il est celui de la Bête et de l’Antéchrist.

La Cène, le dernier repas que Jésus-Christ prit avec les douze apôtres. Ici, la Cène de Léonard de Vinci, fresque réalisée entre 1494 et 1498

Et treize à table…

La civilisation chrétienne fait remonter aux derniers jours de la vie du Christ la crainte du treize, comme celle du vendredi. Lors de son dernier repas, ils étaient treize à table, Jésus et les douze apôtres. Il leur annonça que l’un d’eux allait le trahir, ce qui se réalisa et fit parfois qualifier le treize de « nombre de Judas. »

C’est là l’origine d’une croyance qui existe encore de nos jours et qui laisse croire que lorsque l’on se trouve treize à table, un convive mourra dans l’année, à l’instar du Christ.

Les exemples de cette superstition ne manquent pas et ils sont parfois cocasses.

Victor Hugo fit s’asseoir son cocher à sa table le jour où le quatorzième convive était absent. Alexandre Dumas refusa de s’asseoir lors d’un repas dans un restaurant car il s’était aperçu que douze personnes participaient avec lui à ce dîner. Il fallut inviter une quatorzième personne.

D’ailleurs à cette époque, où la mode était aux dîners en ville, il existait le métier de « quatorzième ». Des personnes se spécialisaient pour jouer ce rôle et étaient payées pour cela. Elles conjuraient le mauvais sort et savaient s’adapter à la société par leur maintien et leur conversation.

Il serait trop long d’établir une liste des grands personnages qui refusaient d’être treize à table ou qui redoutaient le treize et le vendredi.

Certains utilisaient des subterfuges quelque peu naïfs ; tel le poète Gabriele d’Annunzio qui refusait de dédicacer ses ouvrages en 1913 autrement qu’en écrivant : 1912 + 1.

Le Treize et le Tarot

Un savoir très ancien contenu dans la numérologie, l’astrologie ou encore dans cet inépuisable « livre de la Connaissance » qu’est le Tarot, nous informe des tendances susceptibles de nous influencer. A nous d’en tenir compte.

Si le 13 a toujours été craint et respecté, c’est qu’il possède des potentialités constatées de tous temps. Son utilisation dans les sciences astronomiques anciennes n’est pas le fruit du hasard. Cependant, comme le vendredi, il se voit attribuer une puissance bénéfique ou maléfique. Il s’agit d’une question d’interprétation.

Pour des civilisations anciennes, « la semaine » était de treize jours. Ce treizième jour était en même temps une fin et un commencement. C’est ainsi qu’il convient d’interpréter le treizième arcane majeur du Tarot, l’arcane sans nom qui représente un squelette.

Ce squelette ne signifie pas « la mort » comme une fin, mais comme un recommencement. C’est un nouveau cycle après l’achèvement d’un cycle ; pas forcément pour la vie humaine, mais pour tout ce qui la concerne dans ses activités multiples.

Ce treize est une charnière du temps : 12 + 1 pour les Aztèques et pour le poète.

Comme pour le Christ, la résurrection passe par la mort. La lumière initiatique ne peut intervenir qu’après les épreuves. C’est ce que nous enseignent les mythologies, les religions, l’histoire et aussi le Tarot dont la lame qui porte le numéro 13 représente un squelette.

Cette représentation d’une fin annonçant un commencement nous vient de la nuit des temps. Dans une grotte préhistorique, sur une paroi rocheuse où l’on découvre parfois des images d’animaux et de mains humaines, a été trouvé le dessin d’un squelette avec à ses côtés treize encoches. Que signifie ce message qui a été gravé à l’aube de l’humanité ?

Il nous appartient de donner au vendredi treize un sens personnel. Et pourquoi pas un sens tourné vers l’espoir du perpétuel recommencement annoncé par le 13 et d’une ère nouvelle que peut signifier le vendredi ?

Charly Samson

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Crédit©Onidji

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