Publié le 27/12/2010
William James Sidis - Un génie oublié ?
Sage comme une image
Toutefois, William n' a jamais eu la grosse tête : il est resté sage, dans tous les sens du terme. Alors même que sa prodigieuse intelligence avait été établie par les meilleurs experts, il connaissait ses limites. C'est ainsi qu' il demandait régulièrement conseil à sa jeune sœur Helena, car il estimait qu'elle avait le meilleur sens commun des deux.
Mais pourquoi Sidis n'est-il pas aussi connu que d'autres génies tels que Albert Einstein ou Glenn Gould ?
Sage et rebelle
Sidis est né en Amérique ; ses parents étaient des immigrants juifs fuyant les persécutions religieuses en Ukraine. Son père, Boris Sidis était un psychologue reconnu à New York. Sa mère, Sarah Madlebaum Sidis, avait également reçu une bonne éducation. Ils ont fondé un sanatorium,considéré comme l’un des plus modernes.
À neuf ans, Sidis aurait inventé sa propre langue appelée Vendergood. À onze ans, il entrait à Harvard. Après ses études à Harvard, à seize ans, les choses commencèrent à tourner mal.
En dépit de son intelligence stupéfiante, Sidis n'arrivait pas à comprendre comment mener une vie heureuse. À plusieurs reprises, il fut renvoyé de différents emplois, il menait une vie sentimentale et intérieure tourmentée ; plusieurs fois ; il fut envoyé dans un sanatorium...celui dirigé par ses parents...
Mythe et vérité
Exposé à la presse par ses parents alors qu'il était très jeune, il a ensuite évité la vie publique (il publia des livres mais sous d'autres noms).
À 44 ans, il gagna son procès contre "The New Yorker" pour publication de «fausses informations» sur lui.
Il mourut à l'âge de 46 ans, d'une hémorragie cérébrale. Il ne s'est jamais marié, mais on retrouva dans ses affaires intimes des photos d'une amie de la famille...mariée...
Aujourd'hui, il est devenu presque impossible pour les historiens de démêler le vrai du faux à propos de William James Sidis. En effet, une grande partie de ce que l'on sait à propos de Sidis provient de la famille.
Le témoignage de Helena, sa sœur est la source quasi unique d'un ouvrage publié en 1986, "The Prodigy: A Biography of William James Sidis» par Amy Wallace. Helena y vantait les prouesses intellectuelles de son défunt frère. Cependant, une lettre manuscrite de Sidis semblait révéler le contraire : il écrivait avoir eu des difficultés lors d'un examen de la fonction publique et qu'il estimait qu'une personne d'une intelligence moyenne aurait dû réussir.
Ses parents auraient également exagéré l'intelligence de William James ; Boris Sidis a même refusé que son fils passe un test de QI. À la fin de sa vie, William Sidis occupait des emplois subalternes.
Toujours est-il que Sidis a écrit sur de nombreux sujets, des Indiens d'Amérique aux tramways de New York, avec style, élégance et érudition.
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