Publié le 23/03/2010
La maison du diable d'Amityville
La maison était située dans les quartiers aisés d'Amityville, une petite ville côtière située sur le long Island, au Nord de Nex-York, aux Etats-Unis; une de ces habitations sereines, chaudes et accueillantes.
Construite dans un style colonial, elle faisait partie de ces demeures que l'on aurait aimé habiter. Si elle fut le principal sujet de discussion pendant les années 1975, c'est en raison de cette affaire qui inspira le livre de Jay Anson, The Amityville Horror- A True Story-- en 1977, et en rebond le film d'horreur de Stuart Rosenberg, la maison du diable.

A Amityville, les locataires du 112 Ocean Avenue ont vécu des années d'horreur
Assassinat de la famille Defeo
En 1965 Ronald et Louise Defeo, parents de cinq enfants, font l'acquisition de la maison située au 112, Ocean Avenue. Ronald Jr. 23 ans, Dawn 18 ans, Allison 13 ans, Mark 12 ans et John 7 ans et leurs deux parents vivent ainsi, paisiblement, dans l'habitation édifiée sur 3 étages. Dans la nuit du
13 novembre 1974, Ronald Defeo Jr. prend un fusil et tue son père, sa mère et ses frères et soeurs dans leur sommeil. Interrogé par la police, le jeune homme niera d'abord les faits, prétextant s'être levé cette nuit-là à 4 heures pour aller travailler. Une histoire inventée de toutes pièces qu'il certifiera au cours de l'audition avant de se rétracter pour reconnaître les faits.
Au procès, son avocat plaidera la folie et Ronald Jr Defeo sera condamné à six peines d'emprisonnement de vingt-cinq ans à la prison spéciale de Danemorra. Lors du procès, il déclarera que le diable lui avait soufflé ces consignes " capture-les, tue-les !" .
La presse étalera l'histoire de la famille et les détails de la tragédie pendant de nombreuses semaines; quant à la maison familiale, mise en vente après l'incarcération de Ronal Jr. Defeo, elle restera inoccupée quelques mois.
John et Katleen Lutz, les nouveaux occupants
Le passé macabre de la demeure n'empêchera pourtant pas la famille Lutz de s'y installer, le 18 décembre 1975, soit un an après les faits. George Lutz, propriétaire d'un cabinet de géomètres en difficulté, visite la maison avec son épouse, Kathleen. Ils viennent de se marier, ont ensemble 3
Enfants d'un premier mariage, pensent avoir trouvé la maison de leurs rêves et s'en portent acquéreurs. Et puis le prix est attractif : 80 000 dollars. Mais très vite une panique s'installe au sein de la famille. Des assauts de terrifiantes puissances invisibles troublent la quiétude du foyer: la porte d'entrée est arrachée de ses gonds par une force mystérieuse; les fenêtres s'ouvrent et se ferment seules.
Dans leurs témoignages George Lutz et sa femme affirment avoir vu, une nuit, des yeux rouges luisant dans le jardin et découvrirent au matin des traces de pieds fourchus dans la neige; de l'écume verte commençait à suinter des murs.
Fallait-il y voir un lien entre ces phénomènes et la sanglante tragédie de l'an passé ? Un mois après leur installation, la famille Lutz terrifiée, quitte les lieux.
Pour eux il n'y a aucun doute : la demeure est la maison du diable. La presse s'empare à nouveau du sujet mais plus pour les mêmes maisons. Ce n'est plus un fait divers tragique mais un fait divers insolite qui prendra une nouvelle résonance dans la ville.

Ronald et Louise Defeo
En Décembre 1975, Georges et Kathy Lutz emménagent à Amityville. 4 semaines plus tard, terrifiés par des phénomènes d'une violence inouïe, ils quittent les lieux dans la précipitation.
Un écrivain se saisit de l'affaire
Personne ne peut dire clairement dans quel contexte la famille Lutz fut ensuite associée à l'écriture du roman de Jay Anson, The Amytiville Horror, qui fut un best-seller publié en 1997.
Ce qui est certain c'est que si l'histoire de la maison prendra son envol à la sortie du livre, la façon dont l'ensemble est raconté oscille alors entre réalité et affabulation. Jusqu'où l'auteur a-t-il maquillé les faits pour lui donner toute sa dimension spectaculaire ?
Le couple John et Kathlee, Lutz a-t-il lui aussi une part de responsabilité ? Était-il de connivence pour monter un scénario spectaculaire ?
Bien ques sous-titrés " authentiques ", les parapsychologues américains de l'époque soulignèrent les incohérences des propos tenus voire les supercheries dans le livre. L'origine ou la véracité des faits sont toujours restées sujet à caution. U
ne réplique du film restera longtemps dans les esprits, " ça ne te fais rien, tous ces meurtres ? " - " allons, les maisons n'ont pas de mémoire ! "
Affabulations et réalités
Partout dans le monde, il existe des demeures dont l'histoire peut, un jour ou l'autre, devenir un véritable cauchemar dans la vie et la santé mentale de leurs occupants.
Le mythe de la maison ténébreuse hantée, du manoir gothique aux formes menaçantes, de l'apparition d'ombres nourrissent l'imaginaire. Mais il existe aussi des affaires où la frontière entre affabulation et réalité est parfois ténue; où un fait divers dramatique devient rapidement le point de départ d'un sujet de film ou de livre.
Qu'en est-il de la maison de l'horreur à Amityville ?
Après de nombreuses années de controverse, il fut démontré que les événements postérieurs à la mort de la famille Defeo furent très largement exagérés à des fins promotionnelles médiatiques.
Outre l'affaire du sextuple meurtre de cette famille, l'affaire de cette petite ville américaine fut considérée comme une manipulation médiatique dont Jay Anson et la famille Lutz ont été les acteurs principaux. Quant au diable, il n'obtint, lui, qu'un second rôle dans le scénario.
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