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Publié le 28/02/2010

Marie-Claire Estevin (Paris et Toulouse)

Marie-Claire Estevin (Paris et Toulouse)

Il est facile de flatter une personne lorsque l'on maîtrise les techniques de communication; facile aussi de donner l'impression d' écouter les autres pour mieux se mettre en avant soi-même; facile enfin de faire un show sur un plateau de télévision afin de recueillir les applaudissements.

Sauf que, lorsque l'on est voyante, invitée dans une émission comme l'est souvent Marie-Claire Estevin, on ne tombe pas dans ces pièges.

On observe pour ne voir que ce qui est vrai et authentique. On voit ainsi les événements qui se dessinent. Avant tout le monde.

Dire de vous que vous êtes une voyante connue est, somme toute, assez banal . Vous avez néanmoins une reconnaissance professionnelle aujourd'hui ?

Marie-Claire Estevin : Je n'ai jamais cherché une quelconque reconnaissance. Je me suis construite seule, mais surtout, très jeune, j'étais curieuse de la vie.

Dieu m'a sans doute donné de l'avance pour voir des choses; je ne suis qu'une intermédiaire et je dis aux gens, ce que j'ai à dire en respectant ce qu'ils sont. Dans certaines circonstances, je leur demande parfois l'autorisation avant de parler. ( Ndrl : Cette remarque délicate fait l'objet d'un souvenir ).

Alors que j'étais fiancée, j'ai eu un jour un entretien avec ma future belle-mère. Ce que j'avais à lui dire n'était pas facile, mais j' ai quand même parlé . " je crois qu'il faudrait faire une messe pour Daniel " .

Dans mon sommeil j'avais entendu la voix du frère de mon futur mari, décédé 4 ans auparavant, qui m'avait touché le bras me disant " viens me retourner dans ma tombe, je ne suis pas bien". Ma future belle-mère aurait pensé que j'étais folle à ce moment-là. Mais en allant au cimetière avec elle, nous avons constaté que la croix sur la tombe de son fils était chancelante.

Cette connaissance que vous avez d'une personne ou d'un événement sans avoir recours aux sens doit être déconcertant pour votre famille ? Marie-Claire raconte ainsi une autre histoire de sa vie.

Marie-Claire Estevin : Un jour mon fils, qui était à l'époque âgé de 15 ans, est rentré à la maison, accompagné d'un gitan d'une trentaine d'années.

Je le regarde et lui dis : " vous avez sur l'épaule la cicatrice d'une arme blanche ". Il a bien évidemment été surpris. Mon fils aussi. Mais il a reconnu que c'était vrai. Et puis j'ai continué à dire ce que j'avais à lui dire : "vous avez l'intention de faire des conneries et vous allez aller en prison.

Vous aurez un peu de chance en bénéficiant d'une erreur de l'administration ". Il a quand même fait ses conneries, malgré ce que je lui avais dit, et il a eu de la chance en étant libéré; il est parti à l'étranger.

  
Marie-Claire Estevin consulte à Paris, Toulouse et par téléphone au 01 45 75 22 19 ou au 05 34 47 28 28.

Des affaires politiques et de banditisme, Marie-Claire Estevin en a vu, en a connu. Elle côtoie et a côtoyé tellement de monde. Avec le temps, elle a appris à faire plus attention, comme elle dit. Pour se protéger peut-être. A-t-elle eu besoin de protection sur des affaires qui aurait pu la mettre en danger ?

Vous arrive-t-il de vous tromper, comme on dit, ou de ne pas être en mesure de dire quoique ce soit lorsque vous tirez les cartes dans votre bureau pour une personne ?

Marie-Claire Estevin : Les choses m'arrivent assez spontanément. Lorsque je suis convaincue, je le dis aux gens même s'ils n'écoutent pas toujours. Ils essaient de mettre ma parole en doute : " mais non, ce n'est pas possible, vous devez vous tromper !"

Je pense à une enquête ( Ndrl : dont nous tairons le sujet ) où une personne était en danger. Je le savais. J'étais certaine. J'ai informé les autorités, j'ai d'ailleurs été convoquée.

Présente sur de nombreux plateaux de télévision, invitée maintes fois à la radio, Marie-Claire Estevin a rejoint un jour l'association des voyants et parapsychologues du Japon. Un voyage en compagnie de ses confrères américains et coréens surprenant : elle a été la seule à prédire l'attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo.

Utiliser des superlatifs pour vous définir ou vous qualifier de voyante admirable serait un excès de langage. Mais il y a de quoi être époustouflé ?

Marie-Claire Estevin : Je vois des événements et aussi des choses extra-ordinaires. Sur des lieux. Dans mes rêves. C'est ainsi. J'annonce ce que je vois avec mon coeur et mes tripes. Les choses sont inexplicables. ( Ndrl : Pouvons-nous parler de l'actualité politique et sociale ? ) Il y a des choses que je ne comprends pas et je rouspète aussi souvent. Mais je reste à ma place par respect.

Repect. Respect de la vie. Respect des autres . Respect de soi-même. Une valeur à laquelle Marie-Claire Estevin croit intimement. D'ailleurs, elle ne se laisse pas séduire par les beaux parleurs qui voudraient étudier ses pouvoirs. Et puis on " n' achète pas " Marie-Claire Estevin.

Vous utilisez souvent le mot dignité et respect dans vos propos. Votre activité a des règles, mais aussi des détracteurs voire des charlatans, est-ce pour cela que ces valeurs sont importantes ?

Marie-Claire Estevin : Aujourd'hui dans les domaines de la parapsychologie, on mélange beaucoup de choses.

Lorsqu'il y a quelques années j'ai vu que de plus en plus de monde venait me consulter, j'ai compris qu'il fallait que je m'installe, que j'ai un cabinet pour organiser mes activités. Il fallait que je prenne une décision. Et je l'ai prise ( Ndrl : Marie-Claire est voyante, mais va aussi au chevet de malades quand on lui demande. ).

Ce sont des déplacements éprouvants que je fais gratuitement.

La discussion se poursuit. On a envie de s'intéresser de plus près encore à son histoire. Après tout la curiosité n'est pas toujours un vilain défaut. Surtout lorsqu'il s'agit d'écouter celle qui est capable de dire aux gens, ce qu'il va leur arriver.

Vous êtes née en Italie et êtes arrivée en France à l'âge de 3 ans . Vous avez été la petite Chiara Antonelli avant d'être la voyante que vous êtes aujourd'hui. Comment vous comportiez-vous à l'époque ?

Marie-Claire Estevin : Quand on est enfant, on dit les choses et on fait les choses comme on le pense. On a cette ignorance naturelle de la vie.

Ce n'est qu'après que les choses changent. Mon père était bûcheron et avait une passion : l'accordéon . Nous n'avions pas beaucoup d'argent, mais il faisait toujours en sorte d'en avoir dès lors où il s'agissait de sa passion . Moi je voulais faire de la danse et des claquettes : " tu es trop petite pour faire ceci " me disait-il.

Plus tard il me disait, " tu es trop grande pour faire cela " . Je me suis rattrapée depuis.

Votre mère qui possédait une voix extraordinaire, avait aussi un don, celui de la cartomancie dites-vous. A-t,-elle été surprise de vous voir exercer vos dons de voyance ?

Marie-Claire Estevin : Il y avait à la maison un tarot emballé dans un tissu. Un jour j'ai ouvert l'armoire pour regarder. J' avais soif de tout savoir.

Je voulais apprendre à m'en servir. Mais ma mère a su très vite, bien avant moi, que j'allais savoir utiliser les cartes. ( Ndrl : La petite fille est devenue une femme pleine de charme. Peut-on lui faire ce compliment ? ).

J'ai un gros nez, c'est peut-être pour cela que j'ai aussi du flair ( Ndrl : rire ).

  
Marie-Claire Estevin '' Si je m'ens, je vais en enfer'' publié en 2006 aux éditions Ramsay.

La tournure de l'entretien devient légère. N'est-ce pas aussi une preuve d'intelligence que de savoir rire de soi-même ? De faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux ? De savoir aussi que les apparences sont trompeuses ? Qu'elles conduisent à la superficialité lorsque l'on ne prend pas garde. Que l'on se perd un jour ou l'autre.

Vous êtes l'auteur d'un livre qui s'intitule " Si je mens, je vais en enfer ". C'est un titre qui fait référence à une formule de serment en forme de comptine " croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais en enfer " n'est-ce pas ?

Marie-Claire Estevin : C'est au chevet d'une amie que j'ai dit cela. Elle était très malade et je savais qu'elle allait mourir.

Elle était atteinte d'un cancer et avait 22 ans. Ce n'est pas facile de vivre une telle épreuve . J'ai pris un cheveu que j'ai enroulé autour de mon alliance et je lui ai dit, tu vas partir, mais on se retrouvera ».

Puis j'ai fait le serment « si je mens, je vais en enfer. » ( Ndrl : Était-ce une façon d'affirmer solennellement son engagement de ne pas abuser de ce don reçu ?)

Ainsi on parle de tout avec Marie-Claire Estevin qui pour autant ne parle pas de tout avec tout le monde. En tout cas pas avec des gens qui voudraient l'entraîner sur des chemins de traverse pour avancer sur leur propre route. Les consultations sont des moments intimes où l'on parle avec sincérité, mais sont-ce sont aussi des moments épuisants parfois .

Des artistes, des journalistes, des acteurs viennent vous voir aujourd'hui en consultation. Qu'attendent-ils de vous ?

Marie-Claire Estevin : Toutes ces personnes sont des êtres sensibles qui ont besoin d'êtres rassurés. Le cinéma, le théâtre, la télévision sont des univers magiques pour eux. Mais un univers qui n'est pas toujours facile.

Ils font parfois des bides comme on dit dans le spectacle. Moi je regarde leur âme, je leur dis aussi quand ils se perdent dans la superficialité, quand ils n'obtiendront pas le contrat qu'ils souhaitent. Certains se perdent, c'est comme une drogue.

Lorsqu'ils n'ont pas le succès attendu, tout s'écroule. Je leur dis, " l'échec fait partie de la vie ".

Marie-Claire Estevin reçoit des personnes de tout milieu, de toute condition. «  Je me fiche du statut social des gens  ». Chaque phrase est prononcée avec cette tonalité chantante propre aux gens du sud de la France. Le langage parle au coeur mais surtout à la raison. Pas de bla-bla. Ni de charabia. Un rapport simple avec la vérité.

Vous dites qu'il faut savoir placer la constance de l'effort, la foi et l'humilité au centre de tout. Pourquoi ?

Marie-Claire Estevin : Nous ne sommes que de passage sur cette terre. Je sais qu'après la mort, il y a quelque chose. Que ma vie ne s'arrête pas là.

Alors lorsqu'il peut m'arriver de faire preuve de superficialité ou de légèreté, je sais parfaitement ce qu'il en est ( Ndrl : silence).

Chacun a besoin autour de lui d'amour pour ne pas avoir peur d' avancer dans la vie ( Ndrl : silence) Les notions de bien et de mal ne sont plus inculquées et c'est dommage. On est bien trop souvent dans le paraître aujourd'hui.

La conversation est terminée. Pour le moment. Le franc-parler de Marie-Claire Estevin éclabousse. Bizarrement on a presque envie de sourire aussi : «  Vous êtes venue avec vos questions et moi je vous donne mes réponses. Alors maintenant à vous de voir ? » C'est tout vu, Madame : ce que vous faites est sans doute aussi beau que ce que vous êtes !

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