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Publié le 04/04/2008

Prière, méditation, relaxation : des états de conscience communs ?

Prière, méditation, relaxation : des états de conscience communs ?

Une récente synthèse de recherches a confirmé que le fait de prier ou de s'adonner à des pratiques spirituelles induit un état de relaxation semblable à celui qui est procuré par la méditation.

Cela stimule les fonctions neurologiques, endocrines, immunitaires et cardiovasculaires.

Les recherches du Dr Herbert Benson

À la fin des années 1960, le Dr Herbert Benson, président du Mind/Body Medical Institute, affilié à l'université Harvard, a constaté que la répétition de mouvements, de sons, de phrases ou de mots (comme dans le cas de la prière) crée un ensemble de réactions métaboliques et émotives comme l'activation de certaines zones du cerveau, la diminution du rythme cardiaque et de la pression sanguine, et une quiétude généralisée.

Il a nommé ce phénomène la « réponse de relaxation » en opposition à la « réponse au stress », bien mieux connue : augmentation du rythme cardiaque, montée d'adrénaline, tension musculaire, etc.

Cela pourrait expliquer en partie les bienfaits de la prière pour la santé. Selon Benson, l'état de bien-être et « d'unité » qui résulte de la « réponse de relaxation » pourra être interprété, encore une fois, comme une connexion divine par les croyants, et comme un simple attribut du cerveau par les non-croyants.

Mentionnons également qu'une autre étude a permis de constater que la récitation traditionnelle du rosaire (le Ave Maria en latin) et du mantra yogique om-mani-padme-om entraînent tous deux un ajustement de la respiration à exactement six cycles par minute.

On savait déjà que ce rythme est particulièrement bénéfique pour les fonctions cardiovasculaires et respiratoires, l'oxygénation du sang et la résistance à l'effort.

Les chercheurs émettent l'hypothèse que les rythmes des prières et des mantras ont été choisis parce qu'ils permettaient de se synchroniser avec certains rythmes bienfaisants inhérents à la physiologie humaine.

 De la nécessité d’allier « Science et Spiritualité »

En 2001, par l'intermédiaire de la revue Archives of Internal Medicine de l'American Medical Association, plusieurs spécialistes se sont penchés sur l'opportunité de tenir compte d'une dimension « divine » dans les recherches scientifiques sur la prière.

Certains considèrent que la prière implique une relation directe entre les humains et une réalité transcendante, hors du cadre de la nature, et que par conséquent, la science - qui étudie la nature - ne devrait pas s'en préoccuper.

D'autres affirment que si la prière fait intervenir un élément « divin », doté de sa sagesse et de ses intentions propres, la science, ne pouvant contrôler cette « variable », devrait se retirer de ce champ d'investigation.

Un autre point de vue est qu'il serait souhaitable que la science et la médecine reconnaissent beaucoup plus l'importance de la religion et de la spiritualité face à la santé, même si elles ne peuvent appliquer la méthode scientifique aux recherches sur la prière.

Différentes traditions spirituelles, comme le bouddhisme et l'anthroposophie, proposent un tout autre point de vue. Selon elles, on devrait inclure la science matérielle, telle que nous la connaissons actuellement, à l'intérieur du domaine plus vaste d'une véritable « science spirituelle ».

Cette science inclusive serait dotée d'outils de perception allant au-delà de nos cinq sens, de façon à inclure les phénomènes de l'esprit dans ses recherches.

Jean-Pierre Girard

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