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Publié le 04/04/2008

L’approche thérapeutique de la prière

L’approche thérapeutique de la prière

La prière, avec plusieurs autres techniques, fait partie des « approches corps-esprit ».

L’exposé suivant présente les principes sur lesquels se fondent ces approches, ainsi que leurs principales applications potentielles.

On peut affirmer au moins deux choses sur la prière, lorsqu'on la considère comme une « modalité thérapeutique » : Elle a des effets positifs observables et mesurables sur la santé. On ne comprend pas bien quels sont les mécanismes qui entraînent ces effets.

Bien sûr, ces affirmations exigent certaines nuances. En ce qui concerne les effets démontrés, de nombreuses synthèses d'études et des méta-analyses, ils établissent un lien clair entre la pratique religieuse et la santé, ce qui a d'ailleurs mené à la création d'un nouveau champ d'étude, l'épidémiologie de la religion.

Les études spécifiques sur les effets de la prière sont moins nombreuses, mais plusieurs ont démontré des résultats positifs étonnants. Les données actuelles sont donc encourageantes, sans être toutefois suffisamment concluantes pour faire accéder la prière au rang de « traitement médical » maîtrisé.

En ce qui concerne les mécanismes en cause, beaucoup de chercheurs sceptiques affirmaient, jusqu'à tout récemment, qu'en l'absence de toute explication plausible, on avait affaire au mieux à des effets placebos, au pire à des fraudes.

Pour ce qui nous intéresse, même en supposant qu’il ne s’agit que d’un effet placebo (qui peux aller, précisons-le jusqu’à près de 40% dans des études : médicament > placebo) on ne peut qu’être favorable à ce type « particulier » de thérapie.

Ceci posé, ce point de vue prévaut toutefois de moins en moins. En effet, plusieurs hypothèses sont désormais étudiées sérieusement; elles vont de la théorie quantique à la psycho-neuro-immunologie (mind/body medicine) en passant par la réponse de relaxation et même l'intervention « d'entités spirituelles » (voir plus loin). 

Les scientifiques sont toutefois peu enclins à envisager des explications qui fassent appel à des notions comme la spiritualité ou la transcendance. Sans nier l'existence de tels phénomènes, ni même leur influence réelle sur la santé, ils préfèrent généralement exclure ces notions de leurs champs d'investigation.

        Deux catégories de Prières

La prière - et tout ce qui touche à la spiritualité - sont des sujets délicats où se mêlent des éléments culturels et sociaux, moraux et éthiques, aussi bien que religieux et scientifiques. Dans ce contexte, il peut être utile de préciser le sens de quelques termes.

La prière peut se définir comme une communication ou une ouverture à la Transcendance : l'aspect non matériel ou universel de l'être, qui dépasse l'existence individuelle, et qui est supérieur à toute expérience. La prière peut se pratiquer à l'intérieur d'un cadre religieux ou non.

On distingue deux catégories principales de prière. La première consiste à diriger directement des pensées spécifiques (de guérison, par exemple) vers soi-même ou vers une autre personne; on peut l'appeler prière laïque. La seconde fait appel à une puissance supérieure extérieure - Dieu, Bouddha, l'Univers - qu'on prie d'intervenir, la prière par intercession.

La spiritualité implique la croyance en une force plus grande que soi, active dans tout l'univers, ainsi que l'intuition d'une unité et d'une interdépendance avec tout ce qui vit, et ultimement avec tout l'univers; elle débouche souvent sur le développement de valeurs personnelles fondamentales comme la compassion, l'altruisme et la paix intérieure.

Tout comme la prière, la spiritualité peut être associée ou non à une pratique religieuse. Religiosité et spiritualité. La religiosité consiste à adhérer aux croyances et aux pratiques d'une religion organisée tandis que la spiritualité est plutôt une quête de sens ou d'une relation personnelle avec une puissance supérieure.

La plupart des études scientifiques portant sur la guérison « spirituelle » étudient les liens entre la santé et la pratique religieuse (la fréquence de la prière, la participation aux offices religieux, etc.) parce que la religiosité est plus facile à mesurer objectivement que la spiritualité.

Jean-Pierre Girard

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