Publié le 04/08/2008
Décorporation sous le scalpel !
Observer son propre corps et le voir d’en haut est une expérience relatée par la majorité des personnes ayant vécu une experience de mort imminente (NDE)... Ou celles dont la conscience a quitté leur enveloppe charnelle, se trouvant ainsi en OBE, communément appelée dédoublement ou sortie hors du corps.
Quand la neurochirurgie confirme les faits...
Ou la ''décorporation'' sous le scapel !
Jusqu’alors, les quelques spécialistes – psychiatres, neurologues - qui écoutaient leurs patients leur décrire ce type de phénomène expliquaient “ doctement ” que ces perceptions particulières résultaient d’une altération du fonctionnement normal du cortex cérébral qui serait localisée dans sa région inféro-pariétale.
Cependant toutes les explorations fonctionnelles menées directement dans ledit cortex depuis les années 1950 et qui impliquaient ces phénomènes, ne purent localiser et identifier les zones qui étaient censées être concernées.
On verra pourtant plus loin que les travaux de Penfield (1950) avaient déja permis de localiser des zones préférentielles, qui stimulées provoquaient des décorporations.

Une localisation précise dans le cerveau ?
On avait fait son deuil de toute possibilité de pouvoir cerner - avec précision - un jour une ou plusieurs zones responsables de ces états de conscience très “ particuliers ” quand – coup de tonnerre dans un ciel serein – Olaf Blanke, neurochirurgien de l’hôpital universitaire de Genève, communiqua une étonnante et fortuite découverte.
Lors d’une opération à “ crâne ouvert ” sur une jeune femme de 43 ans souffrant de crises d’épilepsie invalidantes, le neurochirurgien procéda à de légères électrostimulations du cortex cérébral. Il faut savoir que dans ce type d’intervention, où il y a nécessité de trépanation, on ne pratique pas d’anesthésie générale, la patiente devant rester éveillée. Ceci permet au praticien d’écouter la description des sensations qu’elle ressent suite à l’introduction dans le cerveau de centaines d’électrodes.
Le but étant de repérer les zones éventuellement lésées ou non fonctionnelles.
Quand un neurochirurgien est aussi impressionné que l'opéré !
Lorsque le neurologue fit entrer l’électrode dans le gyrus angulaire droit (situé dans cortex pariétal de l’hémisphère droit et connu pour être l’un des sièges de la perception spatiale) la patiente s’ecria subitement : “ Je me vois allongée sur le lit et je flotte à deux mètres au-dessus de mon corps… ”.
Olaf Blanke recommença à stimuler la même zone et à chaque fois il eut la même réaction de sa patiente. Elle eut également d’autres impressions, par exemple l’impression que ses bras se rapprochaient d’elle rapidement comme si ils ne lui appartenaient plus.
Ce syndrome est à rapprocher de celui que nous connaissons bien en médecine : celui de la “ main étrangère ” touchant des personnes dont le cortex a été lésé à la suite d’un traumatisme accidentel. Ces dernières ont l’impression qu’un membre, une main par exemple, n’est pas le leur.
Nous avons l’illustration, confirmée par la publication d’Olaf Blanke dans la plus prestigieuse revue scientifique “ Nature ”, du rôle prééminent du gyrus angulaire dans la formation de l’image corporelle. Olaf Blanke n’est pas le pionnier de ces constatations, bien avant lui, Wilder Penfield (1953) célèbre neurochirurgien avait déjà établi le lien entre ces perception troublantes et l’excitation de certaines parties du cerveau (lobe temporal) à l’aide d’électrodes chez des patients non endormis. Et nombre de ceux-ci eurent la réaction déjà décrite : “ Mon Dieu, je quitte mon corps ! ”.
Il paraît évident que beaucoup d’autres praticiens en neurochirurgie ont dû faire également ce type d’observation.

Le gyrus angulaire, situé dans le cortex pariétal de l’hémisphère cérébral à cheval entre le lobe temporal et le lobe pariétal droit et connu pour être l’un des sièges de la perception spatiale. Il serait notablement impliqué dans les NDE et les OBE
Le gyrus angulaire du cortex pariétal de l'hémisphère droit : Le secret des N.D.E et OBE ?
Cette région cortico-cérébrale est plus particulièrement chargée d’intégrer différentes informations, comme la représentation du schéma corporel et ses différentes parties, pour permettre sa prise de conscience et son interpénétration.
En fait, lorsque le gyrus angulaire est stimulé à l’aide d’une électrode (ou lors d’un traumatisme) il se “ déconnecte ” et n’est plus dépendant des autres régions corticales. Ce qui a pour conséquence de lui faire “ ignorer ” les réajustements imposés par les sens et qui s’établissent habituellement naturellement.
En résumé, il y aurait dissociation entre la représentation mentale du corps et le sentiment même de soi. Ceci posé certains pensent qu’il est un peu court de localiser uniquement au gyrus angulaire droit du cortex pariétal, les NDE et OBE.

La neurophysiologie moderne connaît mieux la biochimie intime des relations axones, dendrites et surtout des récepteurs NMDA. Le rôle du glutamate et des endorphines est prépondérant dans les NDE
N.D.E : rôle des récepteurs NDMA et du glutamate
Les récepteurs NMDA, que l'on trouve dans la membrane des dendrites des cellules granulaires et des cellules du CA1 de l'hippocampe et de certains neurones du néocortex, sont ainsi nommés car ils fixent un acide aminé artificiel, le N Méthyl D Aspartate, ce qui permet de les caractériser. C'est à leur niveau que se situe la potentialisation à long terme. Leur ligand physiologique est le glutamate, qui est un acide aminé neurotransmetteur rapide.
Cette caractéristique, qui permet une transmission et un traitement rapides des influx sensoriels, est malheureusement contrebalancée par ce qu'on appelle l'excitotoxicité: dans le cas où le glutamate est libéré en trop grande quantité (ce qui arrive en cas d'anoxie) il devient toxique et entraîne la mort du neurone où il est libéré.
la kétamine. Cette dernière se fixe sur un récepteur neuronal spécifique le NMDA (N-méthyl-D-aspartate), qu’elle “ bloque ”. A l’état physiologique, il est activé par une molécule essentielle du cortex : le glutamate. Le glutamate est le neurotransmetteur excitateur le plus important du système nerveux central. La situation anatomique des neurones à glutamate, cortex et hippocampe, les impliquent dans les processus liés à la mémoire et aux émotions en intégrant les signaux en provenance de nombreuses autres parties du cerveau.
La kétamine est un anesthésique dissociatif. Il provoque une diminution d'activité au niveau du néocortex et des structures sous corticales, et une augmentation de celle ci au niveau du système limbique et de la substance réticulée : le patient est déconnecté sur le plan sensoriel (donc en particulier des stimuli douloureux) mais non réellement endormi.
L'effet dépend bien entendu du mode d'administration (IM ou IV) et de la dose. La kétamine agit en particulier au niveau du néocortex, du thalamus et de l'hippocampe en se fixant sur les récepteurs NMDA. Selon la dose administrée, la conscience et la mémorisation persistent, alors que les perceptions sensorielles sont progressivement déconnectées.
Ses effets semblent en faire un bon modèle expérimental pour l'étude des NDE/OBE : dans une expérimentation portant sur deux groupes, l'un recevant 40 à 6O mg de kétamine IV, l'autre un mélange 50/50 de protoxyde d'azote et d'oxygène, dans le but d'induire une analgésie somatique sans sommeil. On trouve, dans le groupe 1, 11 patients ayant reçu de la kétamine.
Jean-Pierre Girard
Voyage hors du corps (OBE) sur besoindesavoir.com




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