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Publié le 17/01/2009

Voyance-''Les marchands d'avenir"

Voyance-''Les marchands d'avenir"

Septembre 1930, le magazine ''Vu'' invite ses lecteurs à rencontrer les ''Marchands d'avenir'' de la place de Paris. Les sibylles de l'époque, Mlle M-L.L.  de l'Institut Métapsychique, Madame A. médium et Madame R...F, Encromancienne, sont-elles restées fidèles aux plus vieilles coutumes de leur mystérieuse corporation ?

Le destin des hommes est-il écrit à l'avance comme le prétendent ces trois spécialistes des Arts Divinatoires ? Pourquoi un tel engouement du public pour ces pratiques qui se perdent dans la nuit des temps ?

 

Mlle M-L.L. ''La voyante inamovible''

Le magazine Vu mène l'enquête vers l'inconnu

Mlle M-L.L. figure au rang des personnalités douées de facultés psi étudiées par Eugène Osty, président à l'époque de l'Institut Métapsychique International. Ses prédictions publiées en décembre 1929 par le journal Geo London sont pour la plupart déjà confirmées en cette période de rentrée 1930. Surnommée la voyante inamovible, Mlle M-L.L. attise la curiosité du Tout Paris et figure à ce titre parmi les praticiennes les plus consultées de cette Belle Époque. ''Elle interprète parfois les reflets d'une énorme boule de cristal argentée, la chiromancie, la cartomancie, la graphologie n'ont plus de secrets pour elle''.

A en croire les derniers échos parisiens, Mlle M-L.L semble digne d'intérêt mais rien ne vaut la preuve par l'exemple. Le lecteur dans sa quête de vérité a besoin de cette preuve et le magazine qui souhaite aller au bout de ses investigations propose à la Sibylle d'effectuer une consultation avec l'un de ses journalistes. Mlle M-L.L accepta l'épreuve imposée et ne faillit pas à sa réputation. 

Les commentaires du journaliste sont sans équivoques : « Mlle M-L.L a établi le bilan de ma propre existence. Ah ! Rien n'est oublié ! Dates, évènements, personnages, les jours heureux, les autres... Tout cela est évoqué avec un luxe de détails et de précisions qui me confondent ! Et elle se meut avec autant d'aisance dans l'avenir... Mais, comme elle me met en garde contre un accident de montagne, je lui pose cette question :

Vos « consultants » sont- ils dociles, quand vous les invitez à la prudence en de telles circonstances ?

« Ils ne sont pas toujours dociles » réponds tristement Mlle M-L.L. « Lisez cette lettre du Docteur G... que je suppliais de ne pas monter en aéroplane. Voyez de quelle façon il accueillit mes conseils : « Advienne ce que doit ! » Eh bien ! Quinze jours après, il était tué dans un accident à un atterrissage. »

 

Mme D'A. (à droite sur la photo) « Il faut, souvent, avoir plus peur des vivants que des morts. »

Mme D'A. L'évocation des ombres

Deuxième étape au pays de l'inconnu, le mystère est une nouvelle fois au rendez-vous. La rencontre relatée en septembre 1930 dans le magazine VU eut lieu en réalité à la fin du mois de mai 1929, une précision qui va prendre tout son sens dans le récit qui suit.

Le visage voilé, Mme D'A. accueille notre journaliste en quête d'étrange, dans la pénombre de son cabinet situé en rez-de-chaussée d'un appartement du XIIIème arrondissement.

Médium, Mme D'A. entretient des communications régulières avec Napoléon : « Tous les soirs, il est ici. Tenez hier, il était à votre place ! Il faut, souvent, avoir plus peur des vivants que des morts ».

Grâce à Napoléon, elle peut donc lire le destin des hommes, un destin qui se veut parfois tragique comme elle le révèle d'entrée, en ouvrant la porte de son cabinet : « Je suis mal à l'aise. Je sens la chaleur du coté de l'Italie... Je suffoque ! On me montre un paysage rouge... Et puis du feu... Du feu... Les pauvres gens ! Retenez bien ce que je vous dis. Les journaux vont avoir de quoi remplir leurs colonnes ! » (1)

(1) Juin 1929 : éruption volcanique du Vésuve provoquant la destruction des communes de Pagano et Campitelli.

 

Madame R., spécialiste des taches d'encre et du sable algérien

Madame R., Encromancienne

Madame R. reçoit ses consultants dans son appartement situé au flanc de Montmartre. En guise de salle d'attente, son salon ''aux tons vifs, roses et bleus''. Notre journaliste est invité à patienter quelques minutes dans l'endroit. Madame R. prends le temps de reconduire ses derniers clients qui ne tarissent pas d'éloges après leur consultation, le journaliste tend l'oreille : « Vous avez tout vu ! Tout vu ! »

Le ton est donné, Madame R., spécialiste des taches d'encre et du sable algérien semble convaincre ses interlocuteurs, notre journaliste ne s'y trompe pas : « vos consultants gardent une reconnaissance, une fois les évènements accomplis... » En guise de réponse, la Sibylle n'hésites pas à montrer ses preuves : « Regardez ces lettres, je suis autorisée à vous les montrer mais je vous demande, après lecture, d'oublier le nom des signataires. »

Papier armorié, papier à devise, papier à en-tête... Ces nombreux témoignages attestent tous que par sa voyance, Madame R. réussit à percer les arcanes de l'être et de son devenir. C'était hier, dans le Paris des années 30, chez les marchands d'avenir.

Sources, notes, références : Vu 1930 ''Chez les marchands d'avenir''

 

 

 

 

 

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