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Publié le 24/12/2010

Le Père Noël est-il paranormal ?

Le Père Noël est-il paranormal ?

Ce sympathique bonhomme à barbe blanche, curieusement vêtu d'un vêtement rouge vif, semble avoir toujours enchanté les Noël des enfants.

Son « existence » sous son nom de « Père Noël », a pourtant connu un commencement qui ne date pas de très longtemps. Mythe récent né d'anciennes légendes, malgré sa générosité, ce personnage a été durement critiqué par ceux qui l'ont accusé de mercantilisme et même de suppôt de Satan...

Qui est-il ? D'où vient-il ? Quelle imagination lui a donné la vie ?

Une origine celtique ?

Le dieu celte Gargan portait une hotte et des bottes. Ce géant jovial et généreux déversait et offrait le contenu de sa hotte en de véritables montagnes. De son nom est dérivé « Gargantua ». Il est souvent confondu avec Thor le dieu de la pluie et du tonnerre qui habitait un palais de glace dans le Grand Nord et utilisait un char pour se déplacer. Dieu du feu, Thor portait des vêtements rouges et descendait par les cheminées pour rejoindre son élément. Les points communs avec le Père Noël sont nombreux et assez troublants...

C'est en 1952 qu'un chanoine émit l'hypothèse que le Père Noël pouvait constituer la synthèse de plusieurs traditions antérieures au christianisme. Que ce soit en Europe ou en Asie, bien des dieux avaient la réputation d'offrir des cadeaux.

Il faut remonter plus d'un siècle auparavant pour tenter d'établir « l'acte de naissance » du Père Noël. Nous le trouvons aux États-Unis, en 1822.

L'héritier de Saint Nicolas

C'est outre atlantique qu'a été conçue par un poète, Clément Clarke Moore, l'image du bon vieillard distribuant des cadeaux aux enfants. Quelques jours avant le 25 décembre 1822, il écrivit un texte d'une trentaine de quatrains intitulé « La visite de Sait Nicolas ». L'auteur a utilisé le nom de ce saint, mais il s'est sensiblement éloigné de son imagerie habituelle. En fait il a créé un personnage original vite appelé Father Christmas ; le Père Noël.

Saint Nicolas fut un évêque qui vécut au troisième ou au quatrième siècle de notre ère. Si son existence n'est pas mise en doute, toutes les circonstances de sa vie et même de sa mort sont imprécises. Les récits qui le concernent mêlent légendes et possibles réalités. Nous savons qu'il naquit en Asie Mineure et qu'il fut élu évêque alors qu'il était très jeune. Il vécut et exerça son ministère dans les régions de l'actuelle Turquie. Il semble que sa tâche la plus importante fut de lutter contre les cultes anciens qui concernaient notamment Apollon et Artémis. Ironie du sort, plusieurs siècles plus tard son image a permis à un poète de créer un personnage « païen » associé à une fête chrétienne.

Curieusement Saint Nicolas est l'objet d'une fervente dévotion en Europe et dans l'Est de la France alors que, de son vivant, il n'a pas quitté les terres de l'Asie Mineure.

Au moyen âge le trafic des reliques sacrées était intense... et prospère. Le corps de Saint Nicolas n'échappa pas à cet engouement et fut disséminé sous forme de reliques en Italie, en France et dans une grande partie de l'Europe. Autour d'elles, les légendes se multiplièrent tandis qu'augmentait la dévotion populaire. Des prêtres conseillaient d'invoquer Saint Nicolas immédiatement après la Vierge Marie, car il était un puissant faiseur de miracles.

Parmi les légendes concernant Saint Nicolas, bon nombre de récits font état de sa générosité. Héritier de l'immense fortune de ses parents, il déposait des pommes d'or chez des pauvres. Une variante précise qu'il jetait ces pommes par la cheminée et qu'elles venaient se loger dans les chaussettes qui séchaient ou dans les chausses qui se réchauffaient devant l'âtre. C'est peut-être ainsi que naissent certaines traditions.

La légende la plus connue lui attribue le miracle d'avoir retrouvé des enfants volés, de les avoir sauvés ou même ressuscités. Nous avons tous fredonné la célèbre complainte : « ils étaient trois petits enfants qui s'en allaient glaner aux champs ». L'histoire de cette complainte nous dit que les trois enfants avaient été tués par une méchant boucher qui les avait découpés pour les mettre au saloir et les mêler à la viande de porc. Ce crime datait de sept ans lorsque Saint Nicolas intervint et les rappela à la vie. De nombreux autres récits font de Saint Nicolas un sauveur et un grand ami des enfants.

De la Renaissance à notre époque

En 1539, Luther nota sur son agenda ces quelques mots : « cadeaux de Saint Nicolas ». Des historiens ont relevé le récit d'un habitant de Metz qui, en 1589, racontait que dans son enfance, son grand-père lui avait décrit une fête de Saint Nicolas au cours de laquelle des enfants recevaient des cadeaux censés offerts par le saint. Au XVIIème siècle, le peintre hollandais Jean Steen a représenté une famille flamande en fête et entourée de cadeaux placés près des chaussures. Mais des instruments de punition figurent sur ce même tableau comme pour souligner l'ambivalence du personnage susceptible de punir autant que de récompenser.

A partie de la même époque, des européens s'installèrent sur le continent américain avec leurs légendes et leurs traditions. Parmi celles-ci figurait en bonne place la distribution de cadeaux pour la fête de Noël. Pour les uns c'était l'évocation de la visite des Rois mages offrant des présents à l'enfant Jésus, pour d'autres c'était les légendes de Saint Nicolas. Mais les membres de l'Église réformée refusaient ce symbole catholique et préférèrent créer des personnages pittoresques inspirés d'anciens folklores pour perpétuer la tradition des cadeaux de Noël.

Le Père Noël nous vient d'Amérique

Après de nombreuses figurations, le « distributeur des cadeaux de Noël » s'imposa en Père Noël du XIXème siècle grâce au poème de C.C. Moore. Ce personnage sympathique semblait devoir ne contrarier personne bien que sa laïcisation ne convienne pas à ceux qui voyaient en lui l'importance mercantile donnée aux cadeaux et l'oubli de la signification de la fête chrétienne de Noël.

Le Père Noël rassemblait plusieurs folklores en les adaptant. Il vivait dans le Grand Nord et se déplaçait dans un traîneau tiré par des rennes. Il évoquait Thor par ses vêtement rouges, mais sa grande barbe blanche et ses yeux rieurs ne faisaient plus de lui quelqu'un qui pouvait punir comme le faisait Saint Nicolas. D'ailleurs sa hotte ne contenait que des jouets. Il utilisait les cheminées et les chaussures et ne voyageait que de nuit. Tout cela correspondait aussi aux mentalités de ce XIXème siècle où le merveilleux était apprécié.

Ainsi toutes les traditions folklores, légendes et croyances que les européens avaient rassemblés de l'autre côté de l'atlantique revenaient vers le vieux continent dans la silhouette du joyeux grand-père à barbe blanche. L'Europe entretenait alors des sentiments d'admiration pour les États-Unis et ce produit d'importation fut rapidement adopté.

Le Père Noël ne pouvait qu'unir tous ceux qu'il représentait par ses multiples origines. Il répondait à des aspirations populaires et joyeuses qu'il n'a cessé de satisfaire pour le plus grand bonheur de millions de petits enfants.

Charly Samson

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