Publié le 29/06/2010
Marc Galieu raconte le médium Patrick Lannaud
" Comment est la vie de l'autre côté du miroir ? " pourrait être la question sous-jacente du livre de Marc Galieu, aux éditions Trajectoire.
Une question que l'on se pose en vieillissant ou qui s'est posée, un jour ou l'autre, à la perte d'un être cher. Pour y répondre l'auteur présente le cadre de travail du médium Patrick Lannaud dont il brosse le portrait, retransmets des discussions et des témoignages d'une grande variété, le tout adossé à des références de femmes et d'hommes qui ont contribué à créer l'histoire de la médiumnité et du spiritisme.
Vous êtes en contact depuis de nombreuses années avec Patrick Lannaud. Dans quel contexte l'avez-vous rencontré la première fois ?
Marc Galieu : Je l'ai rencontré la première fois à Paris en 1975. Je suis, depuis très longtemps, fasciné par le monde des voyants et des médiums et par la parapsychologie.
En 1995, j'ai écrit un premier ouvrage, " ceux qui s'en vont et ceux qui restent ", où j'abordais cette question de preuves que les gens attendaient sur " après-la-mort ". Ce nouveau livre est un échange, une communication afin de s'enrichir mutuellement
Patrick Lannaud vous a tout confié sans réticence, sans aucune réserve ?
Marc Galieu : Il m'a bien sûr fallu gagner sa confiance ( ... ) et puis j'ai participé à de nombreuses séances où j'ai vu des parents bouleversés par le deuil d'enfants, des liens trop rapidement rompus
Pour l'écrivain-journaliste il fallait aussi clarifier cette notion de don; alors il est allé chercher l'information auprès du médium.
Extrait du livre " Dans un premier temps, un don s'accepte plus ou moins bien, nous confie Patrick Lannaud. Ensuite, il se travaille. Sur cette terre les dons sont de toutes sortes ou presque: entendez par là qu'ils peuvent être aussi nombreux que variés... ... un jour, parce que dans ma profession l'on entend aussi un peu tout et n'importe quoi, une personne me dit : " des dons comme le vôtre ne devraient jamais se monnayer !" Et moi de lui répondre, sachant cette personne mélomane : " lorsque l'on fait un déplacement pour assister à un concert de la grande Maria Callas, qui elle aussi bénéficie d'un don exceptionnel, grâce à sa voix unique, on ne regarde pas à la dépense... Et d'ajouter dans le souci de me faire bien comprendre : au départ, les artistes ont un don, qu'ils devront travailler toute leur vie. Je fais comme eux; et c'est souvent très astreignant".

Enquête sur le monde des esprits de Marc Gallieu publié en mai 2010 aux éditions Trajectoire
Les conférences du médium sont décrites avec précision rendant la lecture aisée, sans jamais tomber dans des excès de sensiblerie. Quel est votre sentiment général sur la médiumnité ?
Marc Galieu : Je crois d'abord que les " bons " médiums ne sont pas nombreux pour diverses raisons. Le travail avec les défunts demande aussi beaucoup d'énergie de la part du médium.
L'auteur est allé au bout de son échange avec Patrick Lannaud soulignant parfois la cruauté des consultants. Il relate ainsi les propos du médium : " lorsque les consultants sont satisfaits, lorsque je capte leurs défunts, je suis pour eux extraordinaire. Quand je ne reçois rien, je ne vaux rien à leurs yeux. Je suis depuis longtemps habitué à toutes ces réflexions. Pourtant quand vous-même appelez quelqu'un au téléphone, vous ne l'obtenez pas toujours au téléphone. Vous ne pouvez pas le joindre, et ce, pour de multiples raisons. Parce qu'il n'est pas là. Parce que fatigué, il n'a pas envie de vous répondre. Parce qu'il est trop occupé. Ce n'est pas pour autant que vous allez mettre en cause le service entier des télécommunications... ! )
À la question : y a-t-il une vie après la mort ? ou plus précisément, " quelles sont les preuves de l'immortalité de l'âme ? " Marc Galieu répond en présentant au lecteur pas moins de vingt- deux consultations de Patrick Lannaud.
Pouvons-nous alors parler avec celui qui est au cœur du livre ? Faisant preuve d'une grande disponibilité, Patrick Lannaud nous donne l'occasion de poursuivre, avec lui, l'entretien.
Patrick Lannaud : On ne peut pas s'empêcher de penser que les consultations que vous donnez en public, vous exposent énormément et sont des prises de risque pour vous.
Quand on fait quelque chose qui sort de l'ordinaire, il faut savoir donner des preuves. Des preuves de voyance et de survie.
Il y a des voyants qui attendent bien sagement que les consultants viennent les voir dans leur cabinet : c'est assez regrettable (...) la relation d'un voyant et d'un consultant est comme celle que l'on a avec un médecin que l'on va consulter : s'il n'inspire pas confiance, si on ne le trouve pas sympathique, on ne va pas le revoir.
La conférence est le meilleur moyen de nous tester.
Patrick Lannaud a, à son actif, de très nombreuses conférences. S'il connaît bien le monde des médias il sait, par-dessus tout, combien le respect et probablement la tenue (pour ne pas dire la retenue) est fondamentale dans les échanges avec les animateurs et les journalistes qui veulent savoir et comprendre. Jacques Martin, Stéphane Colaro, Philippe Bouvard ont été, pour lui, de formidables rencontres même si les remarques et les rencontres étaient aussi taquines.
Vous êtes connu dans le domaine de la médiumnité et de la voyance depuis une trentaine d'années, et vous avez pourtant exercé d'autres métiers.
Patrick Lannaud : Parce que je voulais aussi savoir ce que j'étais capable de faire. J'ai toujours eu une double activité.
Les voyants font preuve d'une sensibilité extrême et développent leurs capacités psychiques mais ils doivent être attentifs aussi à leurs véritables valeurs personnelles, à ce qu'ils savent faire et sont capables de faire en dehors de ce don qui leur ait offert
Est-ce à dire que l'on peut user ou perdre son don en abusant des perspectives qu'il offre ?
Patrick Lannaud : La médiumnité a un prix ( ... ) vous savez lorsque je suis en conférence, je ferme les yeux pour m'isoler des regards; alors, je vois des images et peut commencer mon travail
Une anecdote présentée dans le livre de Marc Galieu souligne ainsi la tension du médium : " Octobre 2007. Consultation publique. Une dame, jeune, donne des signes de vie évidents à sa fille, " C'est quelqu'un qui lorsqu'elle part... Patrick Lannaud s'arrête soudain, visiblement embêté - Je vous en prie, Madame, dit-il en direction de la dame qui a posé la photo. Je vous en prie, évitez de pleurer ! Trop de larmes me bloquent et m'empêchent de dire tout ce que j'ai à dire...)
Quel est votre regard sur le monde de la voyance d'aujourd'hui : y a-t-il plus de voyants que dans le passé ou sont-ils différents selon vous, notamment dans leur travail auprès du public ?
Patrick Lannaud : Il y a plus de voyants et de consultants, mais il y a peut-être peu de voyants qui " voient ". Nombreux sont ceux qui font plutôt de la psychologie.
( Ndlr : Patrick Lannaud donne ainsi son avis; s'il comprend ce besoin des consultants, il tient à ce que les sujets et les termes soient clairement définis.)
Lorsque l'hiver arrive et que l'on se retrouve seul chez soi, les volets fermés, on peut avoir besoin de prendre son téléphone pour échanger, mais ceci ne relève plus de la voyance.
Quels sont les médiums qui ont marqué votre vie ?
Patrick Lannaud : Hélène Bouvier avec laquelle j'ai travaillé pendant 30 ans.
Lorsque je l'ai rencontrée la première fois, je m'étais installé au fond de la salle, et cette petite femme de 40 kg, sans me connaître, a cité mon nom en public en disant " Monsieur Lannaud votre place est à côté de moi". Nous ne nous sommes plus quittés. ( Ndlr : Patrick Lannaud présente ce médium formidable qui avait énormément de contacts avec l'Au-delà et qui consultait dans son deux-pièces parisien )
Elle recevait des femmes en fourrure et vivait très chichement. Elle se nourrissait de lait et de potage et portait toujours le même chapeau. Elle allait au Père-Lachaise nourrir les pigeons. J'avais 16/17 ans à l'époque; c'était une rencontre extraordinaire. Hélène Bouvier était une personne très pure, qui avait une voix douce.
On peut s'interroger sur les qualités qui font de vous un bon médium.
Patrick Lannaud : Il faut être en harmonie avec soi-même. Je le dis toujours aux consultants : " quelles que soient les épreuves de la vie, il est indispensable de rester en équilibre, le plus complexe restant l'équilibre des sentiments. "
Cette activité a -t-elle modifié votre attitude dans la vie de tous les jours ?
Patrick Lannaud : Oui, sans doute, le pardon. Quand je vois de jeunes médiums, je suis souvent surpris de leur tenue - et, pourtant je n'ai pas été élevé dans la bourgeoisie - J'ai toujours reçu en costume; il faut avoir une prestance devant ceux qui vous consultent, sinon cela ne peut pas coller.
Vous évoquez l'importance de l'image que l'on donne aux autres, entendons auprès des consultants. Pouvons-nous parler de règles ou de déontologie dans une activité qui est aussi controversée ?
Patrick Lannaud : La déontologie ce sont les consultants qui la font.
Beaucoup de voyants et de médiums disent ne pas se sentir à l'aise dans des salons ou sur les plateaux de télévision, qu'en pensez-vous ?
Patrick Lannaud : Lorsque j'ai commencé à organiser des salons de la voyance avec Bruno Coquatrix dans les années 69/70, les voyants et médiums étaient reçus, on leur payait leur déplacement et ils s'installaient. À la fin de la journée, on faisait le point avec ceux qui restaient. La presse était très critique.
Aujourd'hui la voyance est très démocratisée, mais il y aussi beaucoup de cabinets de voyance vides et les salons ressemblent davantage à la foire de la voyance; c'est du racolage, les voyants vous accrochent dans les allées comme j'ai eu l'occasion de le voir.
Lorsque j'ai organisé les salons de la voyance dans le hall prestigieux de l'Olympia, il n'était pas question de tomber dans la médiocrité : les débats et les dîners se déroulaient en tenue, avec beaucoup de discrétion.
A-t-on- une chance de vous voir auprès de Dechavanne ou de Ruquier à la télévision ?
Patrick Lannaud : Ils m'ont effectivement appelé, mais j'ai refusé.
Les consultations de Patrick Lannaud et ses échanges avec les consultants sont largement présentés dans l'ouvrage de Marc Galieu, enquête sur le monde des esprits. Mais la première partie du livre prend aussi le soin de rappeler la fabuleuse épopée du spiritisme, comme l'écrit l'auteur, avec qui nous reprenons la conversation.


Marc Gallieu, auteur de Enquête sur le monde des esprits publié aux éditions Trajectoire et le médium Patrick Lannaud
Quel chemin avons-nous parcouru selon vous sur le sujet ?
Patrick Lannaud : C'est une épopée qui commence, un peu comme au théâtre, par quelques coups, "incidemment frappés " aux Etats-Unis, fin 1847.
Marc Galieu présente Allan Kardec, raconte la naissance du phénomène spirite en Espagne, des peintres inspirés comme Dali, Lesage ou Gasparetto, il évoque aussi Victor Hugo.
Vous dites quand même que le monde de la matière rassure ?
Patrick Lannaud : Le monde de la survivance dérange encore. Il remet en question les certitudes essentiellement liées au monde de la matière.
On vit sur cette terre comme si cette situation ne devait jamais s'achever (...) l'Au-delà, lorsque l'on est en bonne santé, c'est pour les autres. On préfère ne pas se projeter aussi loin. De peur de s'égarer.
Vous essayez de convaincre que les morts ne sont pas morts, qu'ils sont endormis et Patrick Lannaud en apporte la preuve en quelque sorte
Patrick Lannaud : Je ne tente pas de convaincre mais de dire que les personnes défuntes sont endormies, qu'elles sont momentanément éloignées et nous suivent dans leur affection.
Nous terminerons l'entretien par une réponse apportée par l'auteur à la question : que pourriez-vous dire des autres médiums que vous avez pu rencontrer ?
Marc Galieu : Je dirai juste ceci. Dans l'univers des voyants et de leurs prédictions, seul le temps, plus et mieux que les grands encarts publicitaires, fait et défait les meilleures réputations. Les plus chers ne sont pas forcément les meilleurs. Et ceux qui promettent le plus, ... trop souvent ne tiennent aucune promesse. Là, comme ailleurs, les promesses n'engagent que ceux qui les croient !
Vous êtes allé jusqu'au bout de votre enquête sur le monde des esprits ?
Marc Galieu : Oui, après avoir douté un temps, expérimenté un autre, je suis arrivé à la conclusion que, bien que différente, une forme de vie perdure derrière le miroir, dans la pièce d'à côté, ou ... là-haut ; de l'autre côté.
Conférences de Patrick Lannaud ( Tél : 05. 45. 22. 98. 44 / 06.17.71.75.51)
À Bourges, le 26 septembre 2010 sur le thème " la vie après la mort "; à Toulouse les 2 et 3 octobre 2010 - congrès source de vie- ; à Rodez (la date n'est pas encore définie); à Paris le 19 septembre 2010 (hôtel Bedford - rue de l'Arcade. Paris VIII ème ) avec l'auteur, Marc Galieu, auteur du livre enquête sur le monde des esprits et le 5 décembre 2010 à Paris (hôtel Bedford - rue de l'Arcade. Paris VIII ème )
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