


























Publié le 04-07-2008
* voir la première partie de sa biographie
Belline avoue ainsi que le champ de ses voyances est ''limité dans le temps'', ses prédictions semblent se porter sur ''un ou deux ans'' tout au plus.
Il reconnaît aussi être parfois incapable de percevoir le moindre ressenti et souligne même que certaines personnalités forment comme ''un mur infranchissable''.
Quand il est en phase avec son consultant, sa voyance a aussi bien l'image d'un grand livre ouvert que celle d'un véritable puzzle dont les pièces sont trop disparates pour qu'il puisse avancer avec méthode.
Belline, le sait, la première vertu du voyant se doit d'être l'humilité. Tout au long de son existence, il s'efforcera de la respecter en adoptant un discours empreint de sincérité.
Belline voit mais parfois il reste impuissant, Belline appréhende les événement mais parfois son imagination prend un ascendant sur son interprétation.
La voyance a ses limites et le Prince prêt à devenir Roi n'hésite pas à les évoquer.
Est-ce la franchise de son discours qui lui permettra de trouver un écho auprès de la presse ?
La question reste posée même si ses premières rencontres avec les journalistes de l'époque apportent semble-t-il certains éléments de réponse.
Fidèle à l'esprit qui règne dans les salles de rédaction, ses interlocuteurs ne manquent pas de lui rappeler à quel point la voyance ne mérite aucune considération à leurs yeux.
Belline doit certes ''faire ses preuves'', encore faut-il qu'on lui offre cette chance.
Marcel Couleau, directeur à l'époque de ''La liberté de Montmartre'' sera le premier à lui accorder sa confiance.
Au printemps 1955, France-Soir n'hésite pas à publier dans son ''Boulevard à Ragots'' : « M.Belline, un des plus jeunes spécialistes de la chiromancie, prédit Einsenhower malade cet été* » (*En septembre 1955, Einsenhower est victime de sa 1ère crise cardiaque) .
Une information qui sera relayée quelques jours plus tard en Angleterre par le ''Daily Mirror''.
Cette fois à défaut de convaincre définitivement les journalistes, Belline attise leur curiosité et part à la conquète de nouveaux médias.
En 1956, un partenariat l'engage avec le journal ''L'Equipe''.
Une nouvelle collaboration qui lui permet de s'immiscer dans le milieu sportif et d'être invité sur le plateau de l'émission télévisée ''Sports Panorama''; Une fois de plus, Belline surprend son auditoire en allant à l'encontre de tous les pronostics des chroniqueurs réunis autour de Georges de Caunes.
La prédiction se confirme le 29 juin 1956 et on lui reproche d'avoir ''influencé'' le champion, Belline se pose alors un véritable cas de conscience et s'interroge sur les limites de l'éthique qu'il a lui même délimitée.
En 1958, il fait le choix de ne plus se consacrer à ce type de prédictions afin de préserver : « cette noble et glorieuse incertitude du sport ».
Belline laisse derrière lui des chiffres éloquents, 80 % de ses prédictions sportives se sont bien vérifiées dans le temps.
La même année ''Ciné Revue'' constate aussi la véracité des prédictions du Prince des Voyants et titre : « Belline le voyant avait prédit avec un an d'avance et 100 % d'exactitude l'année cinéma 1957 ».
Les chiffres parlent d'eux-même... A la fin des années 60, Belline est le voyant le plus connu de France.
Une célébrité, on ne le répétera jamais assez, conquise en toute humilité, pour preuve cette citation extraite d'une interview de l'époque :
A la question : « Vous prenez-vous pour un prophète ? »
Belline répond : « Bien sur que non ! Mais il est hors de doute que beaucoup à ma place en auraient adopté l'attitude, en auraient affirmé l'état et j'affirme qu'on les eût suivis. Mais sans vouloir devenir chef d'une secte j'ai le sentiment d'une mission à remplir, mais ceci dans le cadre des normes chrétiennes, surtout dans l'amour que l'on doit à son prochain ».
Sources et références :
Photo : C.Anger-Prédictions Mondiales. Éditions Belline.
Belline ''Comment je devenu voyant''. Éditions Pierre Horay (1959)
Belline ''Un voyant à la recherche du temps futur''. Éditions J'ai Lu. Éditions Robert Laffont (1975)
Ciné Revue n° 50-12 décembre 1958.
En 1955*, Marcel Belline ouvre son cabinet dans un petit immeuble située au 45 rue Fontaine à Paris (IX).
Chacune de ses nouvelles consultations, chacune de ses nouvelles rencontres lui permet de poursuivre sa réflexion sur le sens précis de sa mission et les limites de ses perceptions.
