Aller au contenu Aller à la navigation

Publié le 30/04/2008

L’Affaire de Rennes-le-Château

L’Affaire de Rennes-le-Château

L’ Affaire de Rennes-le-Château débute, dans ses développements modernes, en 1885.

Durant l’été, un jeune prêtre de 33 ans, l’abbé Bérenger Saunière, découvre ce petit village de l’Aude, perché sur une colline rocheuse, à une quarantaine de kilomètres au Sud de Carcassonne.

Bérenger Saunière vient d’être nommé prêtre en ces lieux qui, avec une église à l’état de quasi ruine, ne doivent guère lui paraître attrayants. Très rapidement, grâce à quelques donations généreuses, il entreprend toutefois de restaurer l’église paroissiale.

Entamés en 1891, ces travaux s’étendent jusqu’en 1897. Trois ans après, commence une nouvelle tranche de travaux qui, cette fois-ci, n’ont en apparence plus grand-chose de religieux.

A compter de 1901, après avoir acheté nombre de terrains situés à proximité de l’église, l’abbé fait bâtir une luxueuse villa style Renaissance, puis une tour néo-gothique qui va lui servir de bibliothèque, un belvédère, et entoure le tout de parc et jardins tout aussi somptueux.

En 1906, l’ensemble est achevé et ne va cesser de ravir les visiteurs du prêtre, qui pour certains comparent le domaine édifié à un véritable « petit château ». D’autres vantent la richesse de sa bibliothèque. Les factures et autres menus conservés, gardent également le souvenir de celle de sa table. Un tel train de vie ne pouvait sans doute laisser sa hiérarchie insensible.

                            L'abbé Bérenger-Saunier                      Marie Dénarnaud

Un changement d’évêque à la tête du diocèse de Carcassonne allait décider du malheur du prêtre

En 1909, l’abbé Saunière est en effet sommé de changer de cure et donc de quitter le faste de ses réalisations. Fortement heurté par cette nouvelle à laquelle il ne s’attendait pas, le prêtre décide de ne pas se soumettre à cette décision. L’Evêché lui demande alors de justifier ses dépenses. Le prêtre affirme avoir reçu d’importantes donations. L’Evêché l’accuse, de son côté, d’avoir élaboré un fructifiant « trafic de messes » à travers toute la France. S’engage un procès qui le portera jusqu’en cour de Rome, tandis que Bérenger Saunière s’auto-proclame « prêtre libre ». En 1917, lorsqu’il s’éteint, aucun des deux partis n’a pu triompher de l’autre. L’ensemble de ses constructions échouent alors dans les mains de sa servante, Marie Dénarnaud, une jeune fille du pays avec qui il avait tissé des liens très forts pour une raison qui reste encore débattue. Très tôt, il avait fait d’elle son héritière universelle. C’est d’ailleurs à son nom qu’avaient été achetés les terrains sur lesquels villa, tour et parcs ont peu à peu vu le jour…

Après avoir hésité à quitter les lieux, trop attachée à ceux-là par le souvenir du disparu, c’est là que Marie Dénarnaud va s’éteindre à son tour en 1953. Dans les dernières années de sa vie, elle avait donné le domaine en viager à un certain Noël Corbu. Entrepreneur déçu, après plusieurs mésaventures financières, celui-ci décide de transformer l’ensemble en hôtel-restaurant.

 

  
Noël Corbu

Rennes-le-Château est alors un site totalement inconnu du public

Sans doute pour attirer l’attention sur son établissement, Noël Corbu commence à parler à ses clients de l’étrange histoire de l’abbé Saunière. Il prend pour point de départ à son propos une question que jusqu’alors personne n’a su résoudre avec certitude : l’origine de la fortune de l’abbé Saunière. Noël Corbu défend à ce sujet l’idée que le prêtre a, lors des travaux dans l’église, découvert, sinon un trésor, un début de piste qui devait le conduire à une découverte de cette nature. En 1956, paraissent les premiers articles de presse évoquant ce sujet. Puis, de fil en aiguille, en 1967, le premier ouvrage sur le sujet : L’Or de Rennes, de Gérard de Sède. L’ouvrage est un véritable détonateur qui va focaliser sur le petit village audois l’attention de génération de chercheur et être le point de départ d’une abondante littérature.
La passion avec laquelle d’aucun cherche à exhumer ce qu’il est supposé rester du trésor du « curé aux milliards » est telle, que la municipalité doit bientôt voter un arrêté interdisant les fouilles sur sa commune.

Plus de quarante ans après la publication du premier ouvrage sur le sujet, et un nombre incalculable d’études, le mystère de Rennes-le-Château est loin d’être résolu. Longtemps focalisée sur la seule localisation de la « caverne au trésor » imaginée par les premiers chercheurs, la recherche s’est depuis déplacée sur d’autres terrains. Elle a déplacé l’énigme de Rennes dans une dimension à la fois plus religieuse et plus ésotérique.

Ce « déplacement » a connu une avancée brutale en 1982 avec la parution, en Angleterre, d’un ouvrage qui devait vite devenir un best-seller planétaire et fut traduit en français sous le titre : L’Enigme Sacrée. L’idée maîtresse de l’ouvrage est que l’abbé Saunière aurait découvert un secret religieux qu’il aurait par la suite monnayé, à savoir la preuve que Marie-Madeleine et Jésus ont été mariés et ont donné naissance à une descendance. Si bien des points du livre sont contestables, et ne sauraient être défendus à partir des documents dont on dispose aujourd’hui, L’Enigme Sacrée a néanmoins posé les bases d’une nouvelle direction dans la recherche. Dans les années qui suivirent sa parution, et progressivement, l’hypothèse du secret d’Eglise a en effet pris le pas sur l’ensemble des théories trésoraires précédemment émises. Ce phénomène est aussi le résultat d’une meilleure connaissance de la vie de l’abbé Saunière grâce à l’exhumation et à l’étude de ses papiers personnels, dont nombreux étaient restés entre les mains de Marie Dénarnaud, et de celles-ci, étaient passés aux mains de Noël Corbu. Longtemps négligés par les « chasseurs de trésors » qui n’y trouvaient aucun intérêt, ils ont permis de revenir sur un certain nombres d’idées trop hardiment propagées par la première vague de chercheurs.

S’il est incontestable que l’abbé Saunière a disposé d’importantes sommes d’argent, la révélation progressive et l’étude de ses comptes montrent que cette mâne n’était pas extensible et que, à différentes occasions, il a même connu quelques menues difficultés financières. Ce qui, de facto, a conduit à éliminer l’hypothèse du trésor inépuisable d’abord pensé. A contrario, alors que l’hypothèse du secret d’Eglise a longtemps été jugée par les chercheurs français comme un « délire » anglo-saxon elle remporte aujourd’hui une plus large adhésion et focalise de nombreuses attentions, notamment grâce au nombre croissant d’éléments factuels ajoutés au bénéfice de cette interprétation. A partir des années 1990, ce champ de recherche s’est plus particulièrement tourné vers l’hypothèse de la présence de la tombe de Marie-Madeleine et du Christ à proximité de Rennes-le-Château.

Article signé, Christian Doumergue.

Christian Doumergue : Site Web Officiel, Expertl' ABC de RLC sur Besoin de Savoir.

Commander ''L’ABC de RLC''. L' Encyclopédie de Rennes-le-Château (Éditions Arqa)

 

 

 

 

Ajouter un commentaire

Veuillez vous identifier pour commenter cet article (M'inscrire):


En publiant ce message, vous vous engagez à respecter la charte du forum besoindesavoir.com dont vous reconnaissez avoir pris connaissance. Le modérateur se réserve le droit de supprimer tout sujet ou message non conforme à la charte de publication du forum. Merci pour votre contribution !

Experts

Nathalie Limauge

Nathalie Limauge

Numérologie