


























Publié le 18-07-2008
Prière, méditation, relaxation : des états de conscience communs ?
Une récente synthèse de recherches a confirmé que le fait de prier ou de s'adonner à des pratiques spirituelles induit un état de relaxation semblable à celui qui est procuré par la méditation. Cela stimule les fonctions neurologiques, endocrines, immunitaires et cardiovasculaires.
À la fin des années 1960, le Dr Herbert Benson, président du Mind/Body Medical Institute, affilié à l'université Harvard, a constaté que la répétition de mouvements, de sons, de phrases ou de mots (comme dans le cas de la prière) crée un ensemble de réactions métaboliques et émotives comme l'activation de certaines zones du cerveau, la diminution du rythme cardiaque et de la pression sanguine, et une quiétude généralisée. Il a nommé ce phénomène la « réponse de relaxation » en opposition à la « réponse au stress », bien mieux connue : augmentation du rythme cardiaque, montée d'adrénaline, tension musculaire, etc.
Dr Herbert Benson (Président du Mind/Body Medical Institute)
Cela pourrait expliquer en partie les bienfaits de la prière pour la santé. Selon Benson, l'état de bien-être et « d'unité » qui résulte de la « réponse de relaxation » pourra être interprété, encore une fois, comme une connexion divine par les croyants, et comme un simple attribut du cerveau par les non-croyants.
Mentionnons également qu'une autre étude a permis de constater que la récitation traditionnelle du rosaire (le Ave Maria en latin) et du mantra yogique om-mani-padme-om entraînent tous deux un ajustement de la respiration à exactement six cycles par minute. On savait déjà que ce rythme est particulièrement bénéfique pour les fonctions cardiovasculaires et respiratoires, l'oxygénation du sang et la résistance à l'effort.
Les chercheurs émettent l'hypothèse que les rythmes des prières et des mantras ont été choisis parce qu'ils permettaient de se synchroniser avec certains rythmes bienfaisants inhérents à la physiologie humaine.
De la nécessité d’allier « Science et Spiritualité ».
En 2001, par l'intermédiaire de la revue Archives of Internal Medicine de l'American Medical Association, plusieurs spécialistes se sont penchés sur l'opportunité de tenir compte d'une dimension « divine » dans les recherches scientifiques sur la prière. Certains considèrent que la prière implique une relation directe entre les humains et une réalité transcendante, hors du cadre de la nature, et que par conséquent, la science - qui étudie la nature - ne devrait pas s'en préoccuper. D'autres affirment que si la prière fait intervenir un élément « divin », doté de sa sagesse et de ses intentions propres, la science, ne pouvant contrôler cette « variable », devrait se retirer de ce champ d'investigation.
Un autre point de vue est qu'il serait souhaitable que la science et la médecine reconnaissent beaucoup plus l'importance de la religion et de la spiritualité face à la santé, même si elles ne peuvent appliquer la méthode scientifique aux recherches sur la prière.
Différentes traditions spirituelles, comme le bouddhisme et l'anthroposophie, proposent un tout autre point de vue. Selon elles, on devrait inclure la science matérielle, telle que nous la connaissons actuellement, à l'intérieur du domaine plus vaste d'une véritable « science spirituelle ». Cette science inclusive serait dotée d'outils de perception allant au-delà de nos cinq sens, de façon à inclure les phénomènes de l'esprit dans ses recherches.
De la Prière comme thérapie
Dans l'état actuel des connaissances scientifiques, on ne peut prétendre que la prière soit plus efficace pour traiter une affection particulière plutôt qu'une autre. Toutefois, sans être une modalité thérapeutique directe, elle est indéniablement excellente pour la santé, comme bien s'alimenter ou faire de l'exercice...
De plus, les personnes ayant une pratique religieuse sont moins susceptibles d'être affectées par des problèmes physiques et mentaux, d'être sujettes à la douleur et d'être déprimées ou anxieuses. Généralement, elles ont une meilleure santé, récupèrent mieux à la suite d'interventions chirurgicales, ont une meilleure espérance de vie et ont moins recours aux ressources médicales que les personnes moins religieuses.
Une synergie médecine – prière ?
Même si selon des sondages américains, plus de 80 % des gens croient que la prière ou un contact avec Dieu peut avoir un effet thérapeutique, et que près de 70 % des médecins disent que les patients leur font des demandes de nature religieuse en phase terminale, seulement 10 % des médecins s'informent des pratiques ou des croyances spirituelles de leurs patients.
À cet égard, une étude récente conclut qu'en fonction des données scientifiques qui établissent un lien entre la pratique religieuse et la santé, et du besoin d'établir un contact plus humain entre les médecins et leurs patients, il est impératif pour les praticiens de la santé d'aborder les questions de religion et de spiritualité avec leurs patients de façon respectueuse, avec intégrité et dignité.
Prière, méditation, guérison et santé : encore des études positives
1er août 2001 - L'étendue des connaissances sur la physiologie humaine est franchement impressionnante : toute cette mécanique s'observe, se mesure, se décrit. Par contre, du côté de la spiritualité ou des effets psychosomatiques, la science semble plutôt prise au dépourvu.
Pourtant, deux études scientifiques traitant de spiritualité et de santé se sont dernièrement retrouvées entre nos mains. La première, très récente, publiée dans le numéro d'août de Psychosomatic Medicine, affirme que les Noirs américains d'origine africaine qui accordent une place importante à la prière, à la religion et à Dieu ont une tension artérielle moins élevée que ceux qui sont moins religieux.
La seconde, une étude en double aveugle, rapportée en juillet dans le site The Natural Pharmacist, conclut que la prière ou la méditation effectuée par un guérisseur spirituel aurait des effets bénéfiques sur le moral des sidéens, qu'elle réduirait le nombre et la sévérité de nouvelles maladies développées à cause du SIDA et qu'elle diminuerait la fréquence et la durée des hospitalisations.
L'étude sur la guérison à distance concernait 40 personnes atteintes du SIDA, dans une phase avancée de la maladie. Les participants étaient divisés en deux groupes, un seul recevant le « traitement ». Aucun patient n'a rencontré les guérisseurs. De plus, ni les personnes traitées ni les chercheurs ne savaient qui était traité. Les séances de « traitement » ont eu lieu pendant dix semaines, six jours par semaine. Les sujets ont été suivis pendant six mois. On a alors évalué la progression de la maladie chez tous les participants.
Sans spécifier quels tests ils ont effectués, les chercheurs ont observé que les personnes « traitées » étaient en meilleure santé que les autres.
Diminution de la tension artérielle par la prière !
Pour l'étude sur la tension artérielle, 78 Noirs et 77 Blancs, âgés de 25 à 45 ans, ont été soumis à des questionnaires ainsi qu'à des contrôles réguliers de leur tension.
Les chercheurs ont évalué la place que prenait la religion dans la vie des participants. Ils leur ont demandé, notamment, dans quelle mesure ils se fiaient à Dieu, cherchaient le réconfort de la religion ou priaient.
Les résultats ont révélé que la pratique religieuse diminuait la tension artérielle des Noirs, réputés pour être plus à risque d'hypertension. Chez les Blancs, on n'a pu établir le même parallèle: la pratique religieuse étant beaucoup moins importante pour eux, elle n'était donc pas un facteur particulier pour abaisser leur tension artérielle. Cette dernière étude n'est pas la seule à avoir cherché un lien entre les pratiques religieuses et la tension artérielle.
De même, plusieurs autres recherches sur la guérison à distance ont aussi été menées. Cependant, ces études font souvent l'objet de critiques : on leur reproche leur méthodologie ou la façon d'interpréter les données.
Pour la majorité des gens, il est difficile de comprendre comment une telle thérapie peut fonctionner et il semble qu'on ait encore besoin de preuves évidentes avant de l'accepter. En espérant que le XXIe siècle soit spirituel...
La prière comme approche thérapeutique (USA 2002).
Les dix méthodes alternatives et complémentaires auxquelles les Américains font le plus appel pour se guérir ou se soigner sont : la prière pour soi (43 %); demander aux autres de prier pour soi (24,4 %); les produits de santé naturels (18,9 %); les exercices de respiration profonde (11,6 %); prendre part à un groupe de prière (9,6 %); la méditation (7,6 ); la chiropratique (7,5 %); la massothérapie (5 %); et les diètes thérapeutiques (3,5 %).
Dans les 12 mois précédant l'enquête de 2002, 45 % des adultes sondés ont affirmé avoir eu recours à la prière pour faire face à des problèmes de santé, contre 35 % en 1997 et 25 % en 1991.
Selon un sondage mené en 1996, 82 % de la population américaine croit aux vertus thérapeutiques de la prière; 73 % estime que prier pour les autres peut avoir un effet guérisseur.
La Prière : ses pouvoirs cachés'', une Trilogie signée Jean-Pierre Girard.
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Sources - Bibliographie
Dr Larry.La médecine réinventée, Vivez Soleil, Suisse, 2002 (Titre original : Reinventing Medicine).
Koenig Harold G, McCullough Michael E, Larson David B. Handbook of Religion and Health, Oxford University Press, Grande-Bretagne, 2001. Un ouvrage savant qui étudie les relations entre la religion et la santé à partir de plus de 1 200 recherches scientifiques. C'est le plus récent livre du Dr Harold Koenig, un auteur réputé et prolifique sur le sujet. Benor Dr Daniel J. Distant Healing, Wholistic Healing Research, 2000. [Consulté le 2 avril 2003]. www.wholistichealingresearch.com
Dossey Dr Larry. Do religion and spirituality matter in health? A response to the recent article in The Lancet, Alternative Therapies in Health and Medicine, mai 1999, vol. 5, no 3.
Dossey Dr Larry. How Healing Happens: Exploring the Nonlocal Gap, Alternative Therapies in Health and Medicine, mars/avril 2002, vol. 8, no 2.
Gundersen Linda. Faith and Healing, Annals of Internal Medicine, 2000;132:169-172. www.annals.org
OneMedicine.com. [Consulté le 28 mars 2003]. http://onemedicine.com
Publication médicale : - National Library of Medicine. www.ncbi.nlm.nih.gov
The Relaxation Response, Mind/Body Medical Institute. [Consulté le 2 avril 2003].
Center for the Advancement of Health, InteliHealth et The Natural Pharmacist.
Sicher F, Targ E, Moore D 2nd, Smith HS, A randomized double-blind study of the effect of distant healing in a population with advanced AIDS. Report of a small scale study, West J Med, 1998 Dec;169(6):356-63.
Barnes PM, Powell-Griner E, McFann K, Nahin RL, Complementary and Alternative Medicine Use Among Adults: United States, 2002, Advance Data from Vital and Health Statistics, National Center for Health Statistics, 27 mai 2004, No 343.
Wallis C, Faith and healing: can prayer, faith and spirituality really improve you physical health? Time, 1996, 147:58.
Avons-nous des preuves de l’efficacité de la prière ? La prière et ses pouvoirs cachés, une trilogie signée Jean-Pierre Girard.
