


























Publié le 04-04-2008
Tous les templiers de France sont arrêtés et emprisonnés et comme leurs principes fondamentaux leur interdit de se battre avec un chrétien, ils ne résistent pas. De plus, une autre de leurs règles les obligeait à supporter trois assauts avant de répliquer.
-Simonie (Trafic criminel des choses saintes).
À l'époque, ces cinq actes d'accusation sont plus qu'il ne faut pour encourir la peine capitale, d'autant plus qu'elles s'appliquent à des hommes de Dieu.
- Sodomie
Ce sceau simplifie le travail des accusateurs lors du procès
La représentation des deux chevaliers sur un même cheval les faits accuser de sodomie.
- Hérèsie
"Ils ont pactisé avec l'Islam et ils ont propagé, secrètement, des doctrines opposées à celles de l'église romaine."
Certes, durant leurs croisades en terre d'Islam, leur fréquentation avec des initiés, les "Assassins", leur permit d'en savoir plus sur les origines historiques des religions chrétienne et musulmane et ils prirent quelques distances vis-à-vis de l'église et ses dogmes. (La communauté des Assassins était une société initiatique musulmane dont on disait que les membres étaient redoutés pour leurs crimes. Un de leurs chefs dit le "vieux de la montagne" enivrait, soi-disant, ses adeptes avec du hachisch, d'où leur nom "Hachischin" et sur un signe de lui , tuaient princes musulmans aussi bien que chrétiens. Appelés aussi ismaïliens, ils étaient considérés comme une secte musulmane et étaient établis en Perse et au Liban ).
- Idolâtrie
Les frères des différentes maisons du Temple, soumis à la torture physique, avouèrent "spontanément et sans contrainte" tout ce que les gens du roi attendaient d'eux.
Si toutes les dépositions semblent se recouper, il est un point sur lequel les descriptions divergent (et pour cause !), qui est celui de l'apparence prêtée à l'idole des idoles, le Baphomet . Si les descriptions nous semblent parfois fantaisistes, elles sont pourtant assez proches de la vérité.
Beaucoup de frères vont déclarer n'avoir jamais vu cette idole ou "tête barbue" que les maîtres sortaient à l'occasion des grands chapitres, ce qui ne nous surprend pas. Seuls quelques-uns avoueront avoir vu l'idole, déclareront l'avoir parfois palpée, mais le plus souvent ils tenteront de se sortir d'affaire en déclarant s'être évanouis à la vue de cette "monstruosité".
Une chose est certaine, la "tête" a bien existé, sous une forme ou sous une autre (une reproduction), et les templiers qui déposèrent n'ont pas menti, seulement, le cérémonial, qui devait être assez spécial au moment de la présentation, l'émotion, mais aussi le secret demandé, l'atmosphère ont, en quelque sorte, déformé la réalité en fantasmagorie, en hallucination quelque peu collective. Pour preuve, l'insistance avec laquelle l'inquisiteur Guillaume de Paris se mit à la recherche de cette "idole qui est en forme d'une tête d'homme à grande barbe" ; il n'aurait pas donné les ordres conséquents à ses sbires pour des "aveux" s'il n'avait pas été lui-même persuadé de l'existence de cette tête démoniaque.
Au moment de la grande arrestation des templiers qui eut lieu le même jour dans tout le royaume, les gens du roi, s'ils ne trouvèrent point d'or à foison, ne trouvèrent pas plus d'idoles monstrueuses dans les commanderies, maisons ou fermes. C'est à croire que les templiers avaient été informés de cette "descente" des gens d'armes !
Le Baphomet
Le Baphomet est une représentation à tête barbue (un bouc ou un humain suivant les versions), possédant de grandes oreilles (ou des cornes) et des ailes.
De nombreuses interprétations ont été associées au Baphomet, voici les plus connues ci-dessus.
L'abbé Constant le présente dans son livre " Dogme et rituel de la haute magie" en illustration de l'introduction au chapitre "Rituel". Il nous le présente comme suit :
- "figure de panthéisme et magique de l'absolu",
L'abbé Constant nous le décrit également avec un pentacle dessiné sur son front. Il possède également un sein de femme (signe de la maternité). Le bas du corps est habillé et laisse apercevoir un disque et un caducée.
L'idolâtrie fut l'un des principaux chefs d'accusation portés contre les templiers. Ils auraient idolâtré la représentation d'un être dans un culte plus ou moins démoniaque, en tout cas non chrétien. Le nom de Baphomet n'a jamais été prononcé que ce soit par les templiers ou leurs accusateurs, seulement l'adjectif baphométique fut entendu à l'époque. L'origine de ce nom serait une déformation du nom du prophète Mahomet, soit en provençal, soit en langue d'oc, ou du moins une langue latine.
Alors que la plupart des templiers déclarèrent nier la connaissance de cette idole, Gaucerand de Montpezat révéla son existence lors du procès en disant avoir adoré une "image baphométique".
Les descriptions fournies par les templiers étaient toutes contradictoires. Ils parlèrent de tête rouge ou noire, en bois ou en métal précieux, tête d'homme à grande barbe, tête à deux ou trois faces.
Le templier Raoul de Gisy déclara : "C'était une méchante chose, ressemblant à un démon ; ayant jeté les yeux sur cette tête, j'en fus à ce point épouvanté que je ne savais plus où j'étais."
De ces descriptions contradictoires, certains historiens ont conclu qu'on avait fait dire aux templiers n'importe quoi et que la fameuse tête n'était qu'une invention des accusateurs.
Le mystère du Baphomet reste toujours irrésolu de nos jours.
Représentation du Baphomet
Le procès est instruit par le Grand Inquisiteur de France, Guillaume Imbert, au nom de l'église. Les agents royaux assistent aux interrogatoires. Il s'agit uniquement d'étayer l'acte d'accusation par des aveux, quel que soit le moyen utilisé. L'Inquisition est autorisée à utiliser la torture, modérément (!) et à condition de ne pas entraîner la mort. Les tortures pratiquées sur les templiers sont variées, cruelles et la modération oubliée... La méthode est très élaborée : on use alternativement des menaces et des promesses. Jacques de Molay lui-même avoue tout sans même être torturé. Sans doute espère-t-il ainsi protéger ses frères ? Il va jusqu'à signer une lettre dans laquelle il leur conseille de ne pas retenir davantage leurs aveux. Le roi a décidé d'informer les souverains étrangers (les templiers ont des commanderies en Europe) et leur suggère d'agir comme lui. Clément V ne croyant pas à la culpabilité des templiers, lance sa propre contre-enquête. Il apprend ainsi que plus de 30 frères sont morts dans les supplices. Les aveux ont été arrachés dans des conditions atroces et inadmissibles de la part des Inquisiteurs. En février 1308, Clément V retire ses pouvoirs à l'Inquisition, ce qui équivaut à l'annulation de toute la procédure, et il se réserve l'affaire. Philippe le Bel réagissant, le pape ne peut que faire demi-tour. Il rétablit les pouvoirs des tribunaux ecclésiastiques. Onze chefs d'accusation sont retenus dont : absence de foi, adoration d'une vieille idole, voleurs du roi en tant que trésoriers, pratique de la sodomie... Un Concile général est tenu à partir du 12/11/1309. Il est chargé de décider s'il faut maintenir, réformer ou dissoudre l'ordre. Le 26/11, Jacques de Molay est entendu. Visiblement, la présence de certains hommes du roi le gêne pour parler. Il tente de se défendre puis, après une intervention extérieure, sa capacité à convaincre baisse de façon surprenante. Après une suspension, constatant le peu de témoignages et leur peu de crédibilité ; les enquêteurs s'aperçoivent que les lettres de citation adressées aux évêques ont été insuffisamment publiées... On décide donc de les renouveler. Cette fois beaucoup de personnes se déplacent, rendant espoir aux templiers. Les frères déclarent que leurs aveux ont été obtenus après de longues heures de torture. Le 7/04/1310, le porte-parole de l'ordre, frère Pierre de Bologne dépose un mémoire en défense. Il y demande qu'aucun laïc ne participe aux interrogatoires (allusion à la présence des hommes du roi) et qu'on cesse de faire pression sur ceux qui veulent défendre l'ordre. Il insiste sur le fait que les mensonges perpétrés contre les templiers ne le sont qu'en France. Les avis favorables continuant d'affluer, les templiers relèvent la tête. Le peuple commence à les plaindre.
Avec ce désordre, les commissaires sont ébranlés dans leurs convictions et commencent à faiblir malgré les rappels à l'ordre de Nogaret. Grâce à une série de passe-passe diplomatique, Philippe de Marigny (frère du financier du royaume) devient archevêque de Sens et prend en main le jugement de l'ordre. De leur côté, les commissaires s'annoncent incompétents. Reste à juger les 54 frères défenseurs de l'ordre. Le chef d'accusation devient alors "relaps ", c'est-à-dire celui qui se rétracte après avoir fait des aveux (même sous la torture). En droit médiéval, c'est le chef d'accusation le plus abject et le moins digne de pitié. Il se solde par la mort. Les 54 meurent sur le bûcher. 05/06/1311 : la Commission pontificale est clôturée à l'abbaye de Maubuisson sous l'oeil vigilant du roi. Les procès-verbaux sont remis à Clément V avec ceux sur les templiers d'Allemagne, d'Angleterre, d'Aragon, du Portugal et d'Italie. En octobre 1311, le pape réunit le Concile à Vienne. La difficulté est bien présente avec un dossier très contradictoire et volumineux. D'autant que tous les évêques ne sont pas Français et que les résultats des autres pays divergent de ceux donnés par la Commission de Paris. Quelques rebondissements plus tard, les tractations entre le pape et les envoyés du roi à Vienne étant conclues, reste à faire (bien) voter le Concile. Impressionnés par l'entrée de Philippe le Bel accompagné d'une importante armée, les prélats votent enfin la dissolution de l'ordre. En avril 1312, Clément V édite une bulle prononçant la dissolution des templiers. Le 2 mai suivant, par la bulle " Ad providam Christi Vicarii ", le pape attribue tous les biens du Temple aux chevaliers de l'Hôpital, exception faite des commanderies d'Aragon, de Castille et du Portugal. Le roi obtient 200 000 livres de dédommagement les 2/3 du mobilier et des ornements liturgiques. Reste à décider du sort des hauts dignitaires, rôle confié à une commission apostolique dans laquelle on retrouve Philippe de Marigny. Le roi a prévu d'obtenir la confirmation solennelle de leurs fautes. Pour cela, ils sont amenés sur le parvis de Notre-dame de Paris le 18/03/1314, devant la foule. Il y a là Jacques de Molay, Hugues de Pairaud, Geoffroy de Charnay et Geoffroy de Gonneville. D'abord surpris, ils comprennent qu'ils n'ont plus rien à attendre de personne. Jacques de Molay se met donc à crier qu'il a menti et que l'ordre est innocent. Il avoue avoir agi ainsi pour faire cesser la douleur de la torture et reconnaît qu'il préfère la mort à une condition si infâme. Geoffroy de Charnay confirme les paroles du grand maître. La foule se met alors à gronder, émue par les déclarations de ces vieillards. Philippe le Bel est furieux.
Il ordonne de dresser un bûcher sur une petite île de la Seine (aujourd'hui la pointe du Vert-Galant). Les deux prévenus bavards y sont livrés au bourreau vers la fin de la journée. Le bûcher est lentement allumé, pour faire durer leur souffrance. Les frères ne se rétractent pas, clamant leur foi en Dieu et l'innocence de l'ordre.
La malédiction
La légende veut que, depuis son bûcher, le grand maître ait invectivé Clément V et le roi et les a appelés à comparaître devant le tribunal de Dieu dans 40 jours. Quelques semaines après, on apprend que les deux belles-filles du roi, Marguerite et Blanche, trompent allègrement leur époux avec des chevaliers de la cour. Les amants sont terriblement punis. C'est le scandale de la Tour de Nesle.
Le pape meurt le 20 avril. Le roi meurt le 29 novembre d'un accident de chasse très bizarre. Nogaret meurt de façon plus mystérieuse encore, toujours la même année. En 1315, Marigny est pendu. Des famines déciment les principales villes d'Europe. Les divers cataclysmes sont considérés comme une punition pour les violences infligées par le pouvoir aux templiers. Sur les 15 000 frères du Temple, ils sont déjà nombreux à être décédés en 1314 et meurent les années suivantes dans les geôles. Les réconciliés sont admis chez les Hospitaliers.
D'autres passent les Pyrénées et trouvent asile dans les commanderies espagnoles et portugaises. En France, ce sont surtout les Chevaliers qui sont les plus démunis, car les templiers de second rang se replacent dans leurs anciens corps de métiers.
Retrouvez la première partie de "Ordre des Templiers (Mystères autour de l'Ordre du Temple)" d'un clic.
Retrouvez la troisième partie de "Ordre des Templiers (Mystères autour de l'Ordre du Temple)" d'un clic.
Retrouvez la quatrième partie de "Ordre des Templiers (Mystères autour de l'Ordre du Temple)" d'un clic.
Vendredi 13 octobre de l'An 1307, à la faveur de l'aube, la plus grande opération policière de tous les temps va être menée sur le territoire Français. Tous les baillis et prévôts ont reçu auparavant un pli royal identique et cacheté. Ordre formel, l'ouvrir uniquement le vendredi 13 octobre au petit matin. Toutes les régions de France ont reçu la même missive. À l'ouverture, la surprise est de taille, ordre absolu de procéder à l'arrestation de tous les templiers des commanderies situées sur leurs territoires, c'est proprement incroyable, cependant, les directives seront mises à exécution sans quartier.
Deux mille templiers sont arrêtés simultanément en France, sur quinze mille que compte le monde entier de l'époque.
13 Octobre 1307
Les chefs d'accusations
-Hérésie.
-Idolâtrie.
-Magie.
-Sodomie
- le flambeau représente l'intelligence équilibrante du ternaire,
- la tête correspond à la responsabilité de la matière seule et l'expiation des péchés corporels,
- ses mains humaines (signe du travail), dirigées vers le haut et vers le bas, font le signe de l'ésotérisme.
Le procès
