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Sorciers, Sorcières & Sorcellerie (3)

Publié le 04-04-2008

Sorciers, Sorcières & Sorcellerie (3) - Dossiers besoindesavoir.com
Qui était Sorcier ? Portait complet par sexe, age, situation matrimoniale...

 

 

Sorcières : «vieilles femmes aigries aux mentons et genoux presque soudés par l’âge, le dos arqué, clopinant sur un bâton, l’œil creux, édenté, le visage raviné, les membres agités de tremblements, marmonnant dans la rue».

La vérité est que les femmes qui avaient le malheur de ressembler à cette description risquaient d’être automatiquement étiquetées comme sorcières, alors que souvent, ce n’était que de pauvres vieilles veuves qui n’avaient pas les moyens de vivre autrement.

Les "véritables" sorcières ressemblaient la plupart du temps à leurs citoyennes et passaient très souvent incognito dans leur entourage.



Sexe : On parle de chasse aux sorcières et non de chasse aux sorciers. Il y eut effectivement beaucoup plus de poursuite envers les femmes que les hommes.

Age : On rencontra beaucoup d’adultes parmi les accusés mais les personnes de plus de 60 ans furent en très grand nombre.
Le maléfice était un art. Elles avaient donc dû apprendre leur savoir, y devenir expérimentées. Les femmes âgées étaient donc plus suspectes que les jeunes.

Situation matrimoniale : On trouve souvent des veuves dans les listes des condamnés. Par contre les femmes qui étaient mariées et qui avaient des difficultés connues avec leur mari, ou leur belle famille étaient également suspectes.
Pourquoi les veuves étaient-elles suspectes ? Parce qu’elles n’avaient pas de mari et ne menaient pas une vie raisonnable au foyer. Le mari n’était pas là pour les retenir des tentations de s’offrir au Diable. Cela explique également la suspicion envers les femmes célibataires. Les jeunes femmes non mariées, surtout si elles étaient belles, paraissaient capables de faire du mal autour d’elles, en bouleversant l’équilibre moral des hommes, même mariés.

Portrait physique : Les sorciers et sorcières étaient-ils d’une laideur spéciale ? On pensait surtout que tout ce qui avait un rapport avec le Diable devait avoir quelque chose d’anormal visible. La laideur ne saurait pas être démontrée mais les sorcières étaient très souvent porteuses de petites imperfection : pied bot, œil louche ou tirant sur le rouge, tache sur le visage, doigt surnuméraire etc.
Tout indique que les sorcières étaient physiquement faites de la même façon que les autres femmes de leur âge, mais toutes celles qui avaient certaines particularités les virent servir contre elles, et parfois jouer un rôle dans leur condamnation.

Richesse ou pauvreté : Tous les observateurs du début de la chasse ont souligné le fait que la plupart des sorcières étaient pauvres. En effet, celles qui passaient devant les tribunaux étaient issues des classes inférieures de la société mais cela ne veut pas dire qu’elles étaient pauvres. La plupart des condamnés furent des gens modestes, mais qui ne mouraient pas de faim. Mais même si les pauvres ont toujours été majoritaires, ils n’étaient pas les seuls. Toutes sortes de personnes ont été accusées de sorcellerie. Nul n’était à l’abri des accusations.



Profession : Les sages-femmes ont été poursuivies d’une façon intense. La mortalité périnatale était assez présente à cette époque. Il était donc facile de trouver les coupables de la mort des nouveau-nés ou de jeunes enfants, chez celles qui les mettaient au monde ou qui s’occupaient d’eux les premiers mois.

Campagne ou ville : On a tué plus de sorcières venant de la campagne que de la ville. Mais en 1600, la majorité des européens vivaient dans les campagnes. Les épidémies de bétail et les malheurs météorologiques ont toujours été plus ressentis dans les villages, et c’est sur place qu’il fallait trouver les coupables.

Relations au milieu : Les sorcières furent très souvent condamnées sur base de leurs relations avec leur communauté. Beaucoup semblent avoir été des gêneuses, des personnes qui avaient eu des mots, des conflits avec leur famille ou leur voisinage. Et on se demandait si elles ne se vengeaient pas en jetant des sorts. Elles ne furent que très exceptionnellement dénoncés au hasard. La jalousie, la rivalité, la haine, l’envie, la méchanceté des personnes ont certainement été la cause de beaucoup de condamnation.

Conclusion : Et aujourd’hui ?

La chasse aux sorcières s’éteint progressivement à partir du 17-18e siècle et le regard de la société change. Le gouvernement devient plus rationaliste et freine la chasse. Il y a donc un changement de mentalité. On se rend compte que les sorcières sont des inventions du gouvernement relayant ou amplifiant les croyances du peuple. On réalise que des faits tels que le sabbat ou le transport sur un balai ne sont que des histoires imaginaires et impossibles. Si les vrais sorciers existaient, ils auraient pu échapper au bûcher par quelques tours.
Au 19e siècle, on connaît les lois de la nature et on ne rejette plus les malheurs du monde sur l’existence du diable ni sur ses prétendues aides. On emploie désormais le terme "magie".



Mais aujourd’hui au 21ème siècle, les sorcières et les superstitions ont-elles disparues ?

La superstition a pris une autre forme : tireuses de cartes, le spiritisme, la parapsychologie, la voyance, l’horoscope, l’herboriste… Certains ont recours aux remèdes de grand-mère pour se soigner, d’autres évitent de passer sous une échelle.

Hier, on allait, en cachette, voir telle sorcière pour trouver les réponses à des questions précises sur l’avenir. Aujourd’hui, la personne qui répond à ces questions se nomme extralucide.

Il y avait la sorcière qui guérissait les maladies. Ce genre de sorcière porte aujourd’hui le nom d’herboriste et est très utile dans notre société actuelle.

Toutes ces femmes qui possédaient un don naturel, qui guérissaient, soignaient l’âme et le corps. On les retrouve aujourd’hui sous le nom d’homéopathes, lithotérapeutes, voyantes…
De nos jours, elles sont acceptées et reconnues mais un jeteur de sort et d’autres désenvoûteurs peuvent être condamnés pour escroquerie et peuvent risquer 1-5 ans de prison, et une amende jusqu’à 370000€ (art 405, code pénal).

Toutefois ces dernières années il y a une recrudescence des simulacres de culte satanique et autres profanations de cimetière, de films ou de romans qui se déroulent dans ce milieu – que l’on songe à l’extraordinaire succès des "Harry Potter"- d’éclosion de nouvelles revues dont les titres d’articles laissent rêveur : comment devenir sorcière - les sorcières existent ; elles sont parmi nous, comment les reconnaître – comment dominer les forces occultes - comment déjouer les maléfices (exemples trouvés chez un libraire de quartier, en mars 2003)…

Page Web réalisée à partir des travaux de Angèle Lecocq et Cédric Lebrun (hemes).

Retrouvez d'un clic, la deuxième et troisième partie de "Sorcellerie" sur Besoin de Savoir.

Sources et références :

Ouvrages :

Norman COHN, Démonolâtrie et sorcellerie au Moyen Age, Paris, Payot, 1982

Yves CASTAN, Magie et sorcellerie à l'époque moderne, Paris, Albin Michel, 1979

Jo GERARD, La sorcellerie et ses mystères en Belgique, Bruxelles, Editions J.M Collet, 1986

Pierre DEN DOVEN, La sorcellerie…au pays de Franchimont, Liège, Bibliothèque CHIROUX-CROISIERS

Guy BECHTEL, La sorcière et l’Occident , collection le doigt de Dieu, Edition Plon 1997

Robert MUCHEMBLED,Bengt ANKARLOO, Wolgang BEHRINGER, Francisco BETHENCOURT, Marie-Sylvie DUPONT-BOUCHAT, André JULLIARD, Richard KIECKHEFER, Gabor KLANICZAY, E. William MONTER, James SHARPE, Magie et Sorcellerie en Europe du Moyen Age à nos jours, Paris, Armand Colin, 1994

LE MAXIDICO, Editions de la Connaissance, 1996

Articles :

Liliane Sichter, Les sorciers sont parmi nous, dans Evénement du jeudi, n°359, septembre 1991

Valérie COLIN,"Gothic" et vieilles dentelles, dans Le vif l’Express, 24/1/97, p39-45

Christelle GILQUIN,Un amour de sorcière, dans Femmes d'Aujourd'hui, n° X, p22-24

Sites :

Mrugala.free.fr

Maevrad

Ulb.ac



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