


























Publié le 04-04-2008
Mais, même s’il est vrai que l’Eglise a eu une grande importance dans ce phénomène, ce n’est peut-être pas la seule explication de ce mouvement de masse à travers toute l’Europe.
Suite aux nombreux voyages transocéaniques et aux découvertes qui s’ensuivent, les savants sont troublés par rapport à ce que l’Eglise affirme du monde, par exemple sur le géocentrisme, et remettent en question son enseignement. L’essor du Luthéranisme et du Calvinisme ébranle les dogmes, l’unité et l’autorité ecclésiastiques. Enfin, suite à la guerre de Trente Ans, accompagnée de famines et d'épidémies de peste, la population, qui vit dans la terreur, va chercher le réconfort dont elle a besoin. Soit dans d’autres cultes que celui de Dieu, soit dans la poursuite et l’exclusion de celui qui porte malheur, le bouc émissaire, pour écarter le danger .
Le pouvoir politique et judiciaire ainsi que l’Eglise vont souvent s’unir pour éliminer ces croyances, restaurer l’unité de la Foi, rétablir la paix sociale et développer le pouvoir central. Dès ce moment l’association de la sorcière au démon et au mal est systématique, lançant alors une véritable chasse aux sorcières.
Sorcière sur le bûcher
Les persécutions :
Pourquoi y-a t-il eu plus de sorcières que de sorciers sur les bûchers ?
Selon certains historiens il y a eu un sorcier poursuivi contre dix sorcières exécutées. Ce chiffre est peut-être un peu exagéré mais il n’en reste pas moins que la différence est grande.
La tradition et l’Eglise y ont joué leur rôle.
On peut dire que ce fait est directement lié à la condition de la femme, considérée alors comme une créature inférieure.
La Nature féminine, en lui donnant le pouvoir d’enfanter, selon des modalités physiques encore mal connues à l’époque, lui confiait une puissance mystérieuse. Cette fonction lui permettait aussi, en formant avec Satan un couple maudit, de transmettre ses pouvoirs maléfiques. Or on sait que les rites de type sexuel étaient fréquents (Sabbat des sorcières) ou en tout cas fréquemment suspectés dans les activités des sorcières.
Elle avait enfin par sa position dans la famille plus de contrôle – et d’occasions d’agir - sur la santé de celle-ci (préparation de la nourriture, soins aux enfants, aux malades, élevage des petits animaux…).
Le procés de sorciers en Espagne
Les procès :
Les sorcières accusées devaient passer par plusieurs épreuves, comme celle de l’eau ou celle effectuée par le "Piqueur".
Le pacte avec le diable laissait soi-disant une marque particulière sur la peau de la sorcière que les juges étaient chargés de trouver. Cette marque était insensible à la douleur, ainsi le Piqueur bandait les yeux à la sorcière puis il la piquait avec des aiguilles sur tout le corps. Dès qu’il trouvait un endroit insensible, il la faisait avouer ses crimes par la torture.
L’épreuve de l’eau consistait à mettre une sorcière pieds et mains liés dans une grande quantité d’eau ; si elle coulait, ce n’était pas une sorcière, si elle flottait, elle en était une car les sorcières savaient défier toutes les lois, y compris celle de la nature. Après avoir avoué, on l’exécutait en la brûlant publiquement.
Les paysans, terrifiés se sont mis à dénoncer les sorcières par peur d’être dénoncés à leur tour.
Page Web réalisée à partir des travaux de Angèle Lecocq et Cédric Lebrun (hemes).
Retrouvez d'un clic, la deuxième et troisième partie de "Sorcellerie" sur Besoin de Savoir.
Sources et références :
Ouvrages :
Norman COHN, Démonolâtrie et sorcellerie au Moyen Age, Paris, Payot, 1982
Pourquoi une telle épidémie de bûchers entre le XVI et le XVIIème siècle ? Lors de cette période, la Chrétienté régnait en maître sur l’Europe.
Par ailleurs, pour l’Eglise, la femme était un être faible, menteur, celle par qui le mal était arrivé dans le monde, en se laissant tenter par le diable au Paradis terrestre.
A cette période, la sorcière est donc devenu un bouc émissaire.
Le parlement de Paris, par exemple, a envoyé des administrateurs dans les campagnes pour arrêter les pratiques superstitieuses des villageois et pour chasser les personnes qui les détenaient, c'est-à-dire les sorciers et sorcières.
Yves CASTAN, Magie et sorcellerie à l'époque moderne, Paris, Albin Michel, 1979
Jo GERARD, La sorcellerie et ses mystères en Belgique, Bruxelles, Editions J.M Collet, 1986
Pierre DEN DOVEN, La sorcellerie…au pays de Franchimont, Liège, Bibliothèque CHIROUX-CROISIERS
Guy BECHTEL, La sorcière et l’Occident , collection le doigt de Dieu, Edition Plon 1997
Robert MUCHEMBLED,Bengt ANKARLOO, Wolgang BEHRINGER, Francisco BETHENCOURT, Marie-Sylvie DUPONT-BOUCHAT, André JULLIARD, Richard KIECKHEFER, Gabor KLANICZAY, E. William MONTER, James SHARPE, Magie et Sorcellerie en Europe du Moyen Age à nos jours, Paris, Armand Colin, 1994
LE MAXIDICO, Editions de la Connaissance, 1996
Articles :
Liliane Sichter, Les sorciers sont parmi nous, dans Evénement du jeudi, n°359, septembre 1991
Valérie COLIN,"Gothic" et vieilles dentelles, dans Le vif l’Express, 24/1/97, p39-45
Christelle GILQUIN,Un amour de sorcière, dans Femmes d'Aujourd'hui, n° X, p22-24
Sites :
