Publié le 21/11/2011
Calculateurs prodiges - Plus rapides que le calcul électronique
Les calculateurs prodiges demeurent une énigme tout à fait particulière et ce, que ce soit dans l'univers de la neurophysiologie, des neurosciences ou de la parapsychologie.
Dans l'étude des capacités extraordinaires de calcul mental que possèdent quelques rares individus, nous sommes véritablement placés devant des faits « paranormaux ». En effet comment pourrions-nous qualifier autrement la possibilité pour un sujet de calculer les logarithmes naturels des nombres depuis 1 jusqu'à 100 500 ?
Et la table des facteurs et des nombres premiers depuis le septième jusqu'au huitième million (Zacharias Dosé) ...
ou encore, trouver un nombre de quatre chiffres dont la somme des chiffres soit 16, étant donné que le 3e est le double du 1er, que le 4e égale trois fois le 1er plus le 3e. Ou encore : Ce nombre renversé augmente de 3456.
Réponse: 1 825, donnée en 1 minute 30 secondes (Inaudi à l'Académie des sciences en présence de Poincaré, Charcot et A. Binet).
« Géants » du calcul
Henri Mondeux, Jacques Inaudi et Mlle Osaka
Le premier calculateur prodige qui fit l'objet d'observations scientifiques par l'Académie fut Henri Mondeux.
En 1833, alors âgé de 7 ans, il présentait d'extraordinaires facultés de calculateur mental et de mémoire prodigieuse des chiffres, tout en se livrant à d'autres occupations pendant qu'il résolvait le problème qu'on lui avait posé !
Henri Mondeux, calculateur prodige, fut étudié par l'Académie des sciences au xixe siècle.
Lorsque l'on évoque les calculateurs prodiges, on pense au plus célèbre d'entre eux : Jacques Inaudi. Très jeune - à treize ans - il démontra ses capacités dans des salles de spectacle où une foule curieuse se pressait et pouvait « tester » les capacités du prodige.
Mlle Osaka, moins connue qu'Inaudi, s'est pourtant révélée un calculateur prodige extraor-dinairement doué. Elle était pourtant incapable d'effectuer une simple... division !
Mlle Osaka semble être la seule femme à s'être distinguée pour des capacités peu communes, non seulement à calculer mentalement, mais également pour un « pouvoir » mnémonique époustouflant.
Qu'on en juge : le Dr Osty de l'Institut métapsychique international lui demande le carré de 97, puis la 10e puissance de même nombre (réponse instantanée !), ensuite, il demande la racine 6e de 402420747482776576, puis la racine carrée du même nombre ; là aussi, réponse immédiate de Mlle Osaka.
Puis le Dr Osty écrit à sa fantaisie et à l'abri de tout regard, une succession de cent chiffres et les énonce à la cadence d'un chiffre par seconde. Mlle Osaka les redit ensuite, sans erreur et dans l'ordre. Quarante-cinq minutes après, et alors que Mlle Osaka a effectué un grand nombre d'exercices arithmétiques, elle redit les cent chiffres, à la demande du Dr Osty, en commençant par la fin !
Les exemples de ce genre sont monnaie courante chez tous les sujets possédant cette énigmatique faculté.



Henri Mondeux, Jacques Inaudi et Mlle Osaka , « géants » du calcul
Maurice Dagbert
Plus proche de nous, Maurice Dagbert défraya la chronique; il ne peut être écarté des célèbres calculateurs prodiges. Mais jugez plutôt : bien que son pouvoir de calculateur phénomène fût un peu inférieur à celui de Mlle Osaka, il n'en demeure pas moins stupéfiant.
Au Congrès international d'illusionnisme qui se tint à Lausanne et que les téléspectateurs de France 3 purent voir sur leurs écrans ce 14 septembre 1976, Maurice Dagbert réalisa des prouesses mathématiques qui les laissèrent pantois !
Ainsi, notre « phénomène » fut capable d'exécuter au violon de brillants morceaux, telle une fantaisie du Trouvère tout en extrayant une racine 5e (résultat : 2189) en moins de 2 minutes ou encore 827 élevé au cube en moins de 55 secondes !
Avec la même célérité notre homme donne les dates et jours précis des fêtes de Pâques, de l'Ascension ou de la Pentecôte de n'importe quelle année qui lui est donnée.
Alors âgé de 12 ans, Maurice Dagbert désarçonna le Pr Esclangon, mathématicien, astronome et membre de l'Institut de France, qui lui demanda à brûle-pourpoint : « Mon jeune ami, dites-moi donc à quelle date tombera Pâques en l'an 5 702 285 ? »
Et l'enfant de répondre aussitôt : « Le 22 mars », ce qui fut reconnu exact par la suite à l'aide d'une calculatrice qui mit beaucoup plus de temps pour confirmer le bon résultat.
Observons que Dagbert, à aucun moment, ne se servit de crayon ou de papier... même pour noter l'énoncé complexe du problème qui lui était soumis !
Opposé à une machine à calculer électrique, il battit largement cette dernière en effectuant les calculs suivants : élever au cube 87, 57 à la 4e puissance, 38 à la 5e puissance et 99 à la 7e puissance ; réaliser les opérations 1961 x 1932,64632 x 55 823,1516/45 avec 4 décimales exactes ; traduire en jours, heures et secondes l'âge d'une personne ayant 51 ans (anniversaire le 23/11/1961). Et pour clore, réaliser trois extractions de racines.
Toutes ces opérations furent effectuées en 3 minutes 43 secondes par le calculateur prodige et nécessitèrent... 5 minutes 18 secondes par la machine.
« Mon rêve, confia Maurice Dagbert au Pr Robert Tocquet serait de me mesurer en Amérique, à des machines électroniques. Certes leur vitesse d'exécution des problèmes est quasi instantanée ; mais elles souffrent d'un handicap majeur: il faut leur poser le problème. Et, le temps qu'on le leur pose, je l'aurai déjà résolu ! C'est pourquoi je leur lance un défi. Je n 'ai pas peur d'elles ! »
Paul Lidoreau
Paul Lidoreau, industriel parisien, découvrit son « don » à 6 ans. Ce dernier, d'une grande modestie, considérait qu'il n'était pas un calculateur prodige mais plutôt un « virtuose » des chiffres.
La rencontre opposant deux calculateurs prodiges, à l'Institut metapsychique international (reconnu d'utilité publique) et les résultats stupéfiants qui en découlèrent, firent l'objet d'un procès-verbal.
Cette expérience se déroula devant des personnalités scientifiques, notamment le Dr Dhôtel qui se doublait d'un excellent illusionniste. Ce dernier put conclure aisément qu'aucun artifice ne pouvait altérer la qualité des réponses données aux problèmes posés aux acteurs de cette soirée.'
Ses exercices de calcul mental étaient prodigieux, dépassant même ceux du célèbre Inaudi, en extrayant en 2 minutes 15 secondes la racine cubique d'un nombre de 15 chiffres. Ceux, un tantinet familiarisés avec les mathématiques, apprécieront !
Au cours d'une séance organisée par l'Institut metapsychique international de Paris; le Pr Tocquet et d'autres éminents membres de ce prestigieux institut testèrent Lidoreau.
Avouons - et pour exemples - qu'extraire mentalement la racine cubique du nombre : 13 055 567 849 956 664 ou effectuer des additions à 10 chiffres et de répéter le résultat de 37 chiffres obtenu, à l'endroit, à l'envers et par tranches diverses a de quoi interloquer les observateurs les plus sceptiques !

Interview de Paul Lidoreau accordée à Jacques Mousseau
Jacques Mousseau (Revue Psychologie) : Je suis né le 24 juin 1932. Quel jour de l'année était-ce ?
Paul Lidoreau : « C'était un vendredi (ndla : réponse instantanée, comme toutes les réponses qui seront données lors de cette interview).
J. M. : J'ai donc 29 ans (à la date de l'interview). Combien ai-je vécu de jours, d'heures, de minutes et de secondes ?
Paul Lidoreau répond, apparemment sans réfléchir, quasi instantanément :
P. L. : Vous avez vécu 10592 jours... 254208 heures. Pour les minutes : 15 262480 et pour les secondes : 915148 800.
J. M. : Vous avez répondu immédiatement. Que sepasse-t-il à ce moment-là dans votre tête ?
P. L. : J'ai dans la tête mes barèmes qui tiennent compte des années bisextiles... Ils remontent jusqu'à la naissance du Christ, sans oublier l'avènement du calendrier grégorien qui provoque un décalage de onze jours. Une fois que j'ai calculé le nombre de jours le reste est simple (sic); il suffit de multiplier par 24 pour avoir le nombre d'heures; puis par 60, c'est-à-dire par 6, pour avoir le nombre de minutes; enfin par 6 encore pour connaître le nombre de secondes.
J. M. : Pour vous, c 'est un problème facile ou difficile ?
P. L. : Oh ! c'est très facile !
J. M. : Ceci signifie donc que vous effectuez des calculs plus complexes ?
P. L. : Oh oui ! il y a un problème qui m'est personnel et que je suis le seul à pouvoir résoudre parmi tous mes confrères calculateurs prodiges.
On me donne un nombre de 6 chiffres et je le décompose en 5 cubes parfaits et en 5 carrés parfaits. Je dois obtenir ce résultat à moins d'un millionième près et enfin les racines doivent avoir au moins deux chiffres ! »
Moingeon, Gamm et les autres
Beaucoup d'autres calculateurs prodiges auraient pu être cités : Moingeon (ce dernier à l'âge de 73 ans, réussit à battre de vitesse les plus perfectionnées des machines électroniques en extrayant mentalement en 15 secondes une racine 5e d'un nombre de 10 chiffres et deux racines carrées de 2 nombres de 20 chiffres).
Rudiger Gamm, l'un des rares calculateurs prodiges contemporains dont les facultés ont été etudiés au laboratoire d'imagerie neurofonctionnelle de Caen. Mais aussi Colburn, Buxton, Bidder, etc.
Notons pour conclure que les joueurs d'échecs disposeraient de la faculté de calcul et de projection de combinaisons de jeu, qui pourraient les assimiler - en partie - aux calculateurs prodiges.
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Crédits photos©Institut Jean-Pierre Girard.Rudybaby




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