Publié le 15/03/2010
Le ''Titan'' de Morgan Robertson prédit le naufrage du Titanic
Morgan Roberston, écrivain américain et fils d'un capitaine de navire, offrait, en 1898, à son public un roman captivant : le naufrage du Titan.
Un roman - fiction qui racontait l'histoire d'un paquebot sombrant dans l'Atlantique Nord après avoir heurté un iceberg.
Quatorze ans plus tard, le 16 avril 1912, le New York Times annonçait le naufrage du Titanic qui avait accueilli à son bord 3 000 passagers et membres d'équipage. Si l'on veut bien prendre en compte les analogies du roman américain et la catastrophe maritime du début du XXe siècle, on peut s'interroger : l'auteur a-t-il eu une prémonition ?
Un contexte reproduit à l'identique
Le Titanic a sombré, après avoir été transpercé, à tribord, par un iceberg dans l'Océan Atlantique Nord; 1500 personnes périrent dans les eaux ou sur le bateau.
Or, l'histoire du Titan, racontée dans l'ouvrage de Morgan Roberston, a cela d'étrange: son paquebot, coule, lui aussi dans les mêmes conditions, faisant 2 000 victimes. Il raconte ainsi dans les moindres détails une nuit tragique où tout avait pourtant commencé dans une ambiance festive.
La différence dans l'histoire de ces deux naufrages repose sur un détail auquel il faut accorder une valeur somme toute dérisoire : le Titan effectuait son troisième voyage de retour vers New-York alors que le Titanic effectuait, lui, son voyage inaugural.


Naufrage du Titanic, le 15 avril 1912 au large de Terre-Neuve. Morgan Robertson, auteur en 1898 deFutility or the wreck of the Titan (Le naufrage du Titan)
Des similitudes techniques
Réputé insubmersible, considéré comme un summum des réalisations technologiques, le Titanic de ce début de XXe siècle était équipé d'une coque de double-fond comprenant 16 compartiments étanches.
Dans son ouvrage, Morgan Roberston présente également son navire imaginaire, le Titan, comme un transatlantique de luxe, dont la technologie infaillible avait permis de concevoir 19 compartiments étanches.
Plus surprenant encore, l'auteur dénonce la vanité, la cupidité et la sottise des hommes qui, forts de leur supériorité technique et technologique, n'avaient pas jugé bon d'équiper le bateau de canots de sauvetage en nombre suffisant.
Lors de la construction du Titanic, la presse avait, à maintes reprises, qualifiée le paquebot d'insubmersible.
Dans leurs rapports, les experts durent reconnaître que le nombre de victimes était lié au fait que le Titanic ne pouvait recevoir que 1 178 personnes dans ses canots de sauvetage, en cas de naufrage.
Les prémonitions de l'écrivain
Cet étrange naufrage fictif n'est pas la seule histoire racontée par l'écrivain américain.
En 1914, Morgan Roberston rédigeait un autre roman, Beyond the spectrum, une guerre ouverte entre les Etats-Unis et le Japon qui lançait des attaques surprises contre les navires américains en route vers Hawaii et les Philippines.
Des ressemblances, pour ne pas dire de nouvelles prémonitions, avec l'Histoire mondiale cette fois, toutes aussi déroutantes quand on connaît l'histoire du conflit qui s'est déclaré 27 ans plus tard.
Ironie du sort
Lors de la parution du livre de Morgan Robertson, le naufrage du Titan, en 1898 ( en anglais : Futility or the wreck of the Titan) le journaliste W.T Stead, critique littéraire écrivait : " ce livre explique exactement ce qui pourrait se passer si les grandes compagnies de paquebots refusaient de s'équiper de chaloupes de sauvetage en nombre suffisant. ".
Le journaliste W.T Stead était à bord du Titanic qui effectuait son voyage inaugural de Southampton à New-York. Il fut parmi les victimes du naufrage qui périrent dans la nuit du 14 au 15 avril 1912.
Sur le même thème : Et si la Lune avait coulé le Titanic.
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