Publié le 08/11/2009
Michel Royer (Guérisseur) : Je ne suis ni Dieu, ni un Saint
C'est avec la plus profonde tristesse que nous apprenions, le 26 octobre 2010 le décès du guérisseur et magnétiseur Michel Royer, survenu le 25 octobre, à l'âge de 65 ans. Michel Royer exerçait depuis plus de 45 ans en Basse-Normandie. Aimé et respecté de tous ceux qui le connaissaient, Michel Royer laisse un grand vide derrière lui.
En janvier 2009, il avait accepté de recevoir un journaliste de notre équipe, un moment qui restera à tout jamais gravé dans nos mémoires.
Nos pensées l'accompagnent.
C'est ainsi depuis plus de 45 ans. En Basse-Normandie. Dans le Calvados. À Saint-Pair-du-Mont. Dès 8 heures le matin, parfois plus tôt l'été, le parking situé devant la maison est occupé par de nombreuses voitures venues de toute la France. Des taxis patientent.
Dans la salle d'accueil, les gens assis attendent l'homme dont ils ont entendu parler, celui qu'on leur a conseillé d'aller voir, qui est passé à la télévision. Toute la journée, il y aura un va-et-vient. Jusque tard dans la soirée. Nous sommes chez Michel Royer.
Pourquoi tous ces gens ont-ils besoin de vous voir ? Il est à peine 8 heures. C'est toujours ainsi ?
Michel Royer : Quand les enfants qui ne manquent de rien font de la dépression, c'est qu'il y a des choses qui ne vont pas aujourd'hui. Et puis tous ces parents qui se font déposséder par leurs enfants, c'est aussi terrible. Certains se retrouvent presque à la rue. Sans rien. Ils ont donné tout leur argent à leurs enfants.
(Michel Royer fait " non" plusieurs fois. Des signes de tête en silence. Avant de reprendre la conduite de ses phrases)
Michel Royer : Des personnes
maltraitées par leurs propres enfants, vous rendez-vous compte
? Les gens ont la folie des grandeurs et le font payer à
leurs parents. C'est terrible ! C'est cela qui va mal. Il faut le
dire. Dans d'autres pays les enfants n'ont rien. Mais ici !
Quand vous fermez les yeux et que vous
ignorez le monde extérieur, pour explorer le monde de la personne
qui est en face de vous, vous ne faites pas appel à des intuitions
particulières, mais vous faites preuve de clairvoyance sur les
catastrophes humaines qui peuvent lui arriver ?
Michel Royer : Oui et il y en a
beaucoup qui arrivent. Je le dis aux gens quand je ressens les
menaces. Mais je ne suis pas le seul. Il y a aussi des gens très
bien qui ont des dons. Lorsque les gens viennent me voir avec des
remords, je leur dis toujours que ce n'est pas à moi
qu'il faut demander pardon. Il faut redonner ce que l'on prend aux
autres c'est tout. Et puis il faut s'assumer aussi. Les parents
viennent avec leurs enfants ou viennent seuls. Je les vois les
gosses. Ils viennent parfois me voir sans leurs parents. Je dis
qu'il faut savoir se tenir à sa place.
Vous recevez des familles mais aussi des
hommes politiques et des gens connus. Ces personnes n'ont-elles pas
les moyens de se débrouiller par elles-mêmes ?
Michel Royer : Chacun a ses propres problèmes : les médecins, les chirurgiens, les hommes d'affaires, les avocats, les hommes politiques, les gens qui sortent de prison. Ils viennent et je les reçois. Je sens quand je peux faire quelque chose pour eux. Mais je n'ai rien le droit de dire. Ni à vous. Ni à personne. Ce sont des secrets. Pour chacun, quelle que soit sa situation. Il y a aussi des situations à risques dans le monde de la politique, vous savez. Cela me contrarie beaucoup. Et quand je vois tout ce qui se dit à la télévision : vous croyez que c'est bien de parler sans cesse de ceux qui tuent, qui volent et qui récidivent ? On leur fait de la publicité en quelque sorte. On devrait les punir sévèrement et ne pas les relâcher. Je ne supporte pas cela.

Michel Royer est à la fois guérisseur et magnétiseur
Vous donnez l'impression de sonder le monde de l'âme des personnes qui viennent. Vous savez que le pouvoir peut corrompre et que les excès peuvent mener à des situations catastrophiques. Vous arrive-t-il alors de vousmettre en colère contre les gens, pendant vos consultations ?
Michel Royer : Bien sûr. Je ne suis pas toujours facile. Lorsque les gens se plaignent mais sont, eux-mêmes possédés par leurs propres bêtises, je le leur dis, je ne mâche pas mes mots. Je sens bien ceux qui sont possédés par le mal et ne veulent pas s'en sortir. Ce qui m'inquiète toujours, ce sont les innocents. Quand les gens vivent au-dessus de leurs moyens, quand ils ne savent pas gérer leur fortune ou leur budget, quand l'argent leur file entre les doigts, il y a toujours des malheureux qui en subissent les conséquences.
Vous aidez les personnes à trouver les boussoles de leurs vies, mais lorsqu'elles viennent vous consulter parce qu'elles sont malades, comment faites-vous pour faire accepter l'idée que la maladie ne conduit pas toujours à la mort ?
Michel Royer : Il faut faire très
attention lorsque l'on dit des choses aux gens. Tout n'est pas
perdu. Les cancers peuvent se soigner. Il faut aussi parfois
accepter sa douleur. Tout le monde a peur de la mort, mais le moral
a un rôle important. On n'a pas le droit de rendre les gens
malades, en leur faisant perdre le moral. Tout le monde doit garder
l'espoir. Il faut rassurer, c'est essentiel.
Vous posez les mains sur les gens pour
ressentir leurs tensions, leurs douleurs. Même lors d'accidents de
voiture, vous vous déplacez la nuit pour aider ?
Michel Royer : Le corps est important. Il faut le respecter. Je sais quand je peux ôter une raideur ou une douleur à quelqu'un. Il faut se cramponner à la vie avec obstination, et acharnement. Parfois Dieu se montre aussi conciliant.
Les gens disent que vous êtes à la fois guérisseur et magnétiseur. Il n'y a pas de sorcellerie, ni de divination par les cartes, ni de pratiques d'amulettes dans vos consultations, juste vous et la personne, c'est cela ?
Michel Royer : Oui. J'ai aussi mon
livre de prières, pour chaque cause, chaque maladie (
Michel Royer sourit un peu ) Je ne suis ni Dieu, ni un
Saint, juste un intermédiaire. Depuis l'âge de 13 ans j'ai toujours
aidé les autres. Je n'ai jamais cherché à savoir quoique ce soit
sur moi, ni pourquoi je faisais les choses : j'allais vers les
autres c'est tout. C'est comme un don. Mais je ne peux rien faire
pour moi. Juste pour les autres.
Cela doit quand même être difficile de
ressentir les menaces sur les siens, et de savoir qu'on ne peut pas
toujours faire quelque chose. De se sentir démuni. Acceptez-vous de
parler de votre enfance ?
Michel Royer : Quand j'étais petit et que ma famille partait, je surveillais la maison et les bêtes à la ferme. Mes parents étaient très durs avec nous, mais on les respectait. On vouvoyait nos parents. On obéissait. À 9 ans j'étais costaud et quand j'avais le ventre plein j'étais de bonne humeur. Je pouvais faire n'importe quoi. Je suis né ici et j'ai toujours vécu ici.

Michel Royer consulte dans le Calvados à Saint-Pair-du-Mont
Les anecdotes fusent. L'empire intérieur de Michel Royer est le théâtre de ses actions. Comment pourrait-il en être autrement ? Depuis sa naissance il a gravé les contours de toutes les images qu'il avait. De sa mère et son père qu'il vouvoyait, de ses sœurs et de ses frères avec lesquels ils ne jouaient pas toujours, parce qu'il devait garder la maison. Ces gens qui, jour après jour, avaient pris l'habitude de le consulter, et ses facultés mentales pour calculer, calculer vite et bien. Des capacités qui compensaient - qui remplaçaient peut-être aussi - l'instruction défaillante qui l'avait toujours empêchée de lire et d'écrire correctement, jusqu'à aujourd'hui.
Vous allez fêter votre anniversaire en janvier, vous n'avez plus besoin d'être connu, car vous l'êtes, désormais. N'êtes-vous pas épuisé d'avoir entendu et vu autant de monde, depuis tant d'années ?
Michel Royer : Je ne suis jamais
fatigué. Et puis je n'ai pas le droit d'avoir des pensées
sinistres. Je suis là pour les gens, pour les rassurer, les
remettre en confiance. Certaines personnes ne viennent qu'une seule
fois. D'autres plusieurs fois. D'ailleurs je leur dis toujours : "
ne revenez pas me voir avant trois semaines ! ". Si j'ai la
chance d'avoir un don pour aider les autres, je dois l'accepter
sans honte, et sans le moindre remords contre mes détracteurs.
D'ailleurs, je ne demande rien. Je n'ai jamais rien demandé. Les
gens donnent ce qu'ils veulent. Les gens riches, comme les gens
pauvres, ont la même valeur pour moi.
Et après vous que se passera-t-il ?
Allez-vous avoir un apprenti qui prendra votre relais dans les
années à venir ?
Michel Royer : Il est déjà là. Je l'ai vu travailler avec moi depuis plusieurs années : Il faut un don, et il a ce don. Mais il faut aussi une conduite impeccable, une grande honnêteté, et savoir s'effacer. Cela ne m'intéresse pas de me mettre en valeur. La télévision m'a souvent invité, et on se souvient de mes passages, mais je me suis toujours effacé après avoir dit ce que j'avais à dire. J'ai parfois de la colère au fond de moi, quand je vois ce que je vois, et quand j'entends ce que j'entends. Vous savez, même en étant loyal avec les gens on n'est pas en sécurité pour autant...
La conversation est terminée. Ce sont les derniers mots presque mystérieux d'un homme mystérieux. Mais qu'y a-t-il de mystérieux au bout du compte ? La rencontre avec un homme d'une infime bonté d'âme qui se sert de sa raison, de ce don si personnel, pour pallier les insécurités et les inquiétudes de ceux qui, justement, ont besoin de sécurité et de quiétude.




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