Publié le 03/12/2008
Allan Kardec, 1854, le grand tournant
C’est à l’âge de cinquante ans, en 1854, que cet érudit à l’esprit rationnel, détenteur d’un baccalauréat de lettres et de sciences, fut malgré lui amené à s’intéresser aux sciences occultes.
Bardé de diplômes de sciences et de philosophie, excellent polyglotte et docteur en médecine, il était surtout connu par ses ouvrages de pédagogie…
Ce brillant personnage allait devenir une célébrité mondiale par la fréquentation « des esprits » et son approfondissement du spiritisme qu’il considéra très vite comme « une science ». Allan Kardec, de son vrai nom Hyppolite-Léon Rivail, naquit à Lyon le 3 octobre 1804 dans une famille de magistrats et de juristes. Il fit de brillantes études en France et en Suisse où il fut le disciple du célèbre professeur Pestalozzi, initiateur de la pédagogie moderne. C’est vers 1830 qu’il s’installa à Paris où il fonda, rue de Sèvres, un Institut scientifique dans lequel il enseigna selon les méthodes de Pestalozzi. Il épousa la fille fortunée d’un notaire de province, de dix ans plus âgée que lui, Amélie-Gabrielle Boudet. Malgré ses qualités intellectuelles, il négligeait la gestion financière et son associé, qui avait contracté des dettes de jeu, le contraignit à vendre l’institut.
Toujours imprudent dans sa gestion, il confia le produit de cette vente à un négociant véreux et tout fut perdu. Travailleur infatigable, H-L. Rivail tint la comptabilité de quelques commerçants et écrivit de nombreux manuels de grammaire et de mathématiques. Il donna des leçons et publia des cours de droit et de médecine. Certains de ses ouvrages furent couronnés par des académies et devinrent obligatoires dans l’enseignement scolaire. Plus tard, en 1849, il fut engagé dans un lycée pour enseigner la physique et la chimie.
1854, le grand tournant
Cette année-là, il retrouva Carlotti, un vieil ami corse d’origine, qui lui raconta des histoires extraordinaires à propos de phénomènes fantastiques dont il prétendait avoir été témoin. Mais Rivail se méfia de son exaltation lorsqu’il lui décrivit des scènes dans lesquelles des esprits étaient intervenus. Carlotti insista et précisa à son ami que les esprits avaient déclaré qu’ils allaient l’investir d’une mission très importante qu’il ne pourrait pas refuser.
Rivail ne s’était jamais intéressé aux interventions éventuelles des esprits. Cependant, en sa qualité de médecin et à la suite de ses recherches de physique et de chimie, il partageait les théories du docteur Mesmer à propos du magnétisme animal. Il savait que « le magnétisme » avait permis de découvrir des possibilités humaines jusque là insoupçonnées et qui allaient prendre le nom « d’hypnose ». Il pensa pouvoir rattacher ses études sur le magnétisme aux nouvelles théories d’existence des esprits. Il écrivit : « Le magnétisme a préparé les voies du spiritisme, et les rapides progrès de cette dernière doctrine sont incontestablement dus à la vulgarisation des idées sur la première. Des phénomènes du magnétisme, du somnambulisme (Ancien nom de l'hypnose) et de l’extase aux manifestations spirites, il n’y a qu’un pas. »
Dès lors il ne considéra plus le magnétisme comme un divertissement de physicien. Il accepta, en sa qualité d’universitaire, d’étudier les nombreux rapports de gens célèbres tels que Victorien Sardou, Carlotti, René Taillandier de l’Académie des sciences, ainsi que des documentations en provenance de plusieurs pays et notamment des Etats-Unis. Il entreprit des synthèses méthodiques, mais avec un postulat dont il fit sa vérité : « les phénomènes constatés ne pouvaient être provoqués que par l’intervention des esprits ». Les influences qui l’environnaient et les certitudes de ses amis, qu’il ne souhaitait pas décevoir, ne lui permirent pas d’envisager d’autres possibilités.
Pourtant parfois, en rationaliste, il refusait certains détails. Il écrira même : « L’idée d’une table parlante n’entre pas encore dans mon cerveau. » … C’était il y a de cela 150 ans. Depuis, les progrès de la science ont dégagé bien d’autres hypothèses. Si Rivail avait vécu dans la deuxième moitié du vingtième siècle ,il ne se serait probablement pas enfermé dans l’hypothèse des esprits… Désormais convaincu de l’intervention des esprits dans tous les phénomènes jusqu’alors inexpliqués de déplacements d’objets, de coups frappés et d’apparitions, il ne se contenta pas d’une étude sur documents et multiplia ses participations sur le terrain. Le fait que « les esprits » pouvaient se manifester sur commande lui facilita la tâche.
Charly Samson




Ajouter un commentaire
En publiant ce message, vous vous engagez à respecter la charte du forum besoindesavoir.com dont vous reconnaissez avoir pris connaissance. Le modérateur se réserve le droit de supprimer tout sujet ou message non conforme à la charte de publication du forum. Merci pour votre contribution !