Publié le 16/10/2008
Fantôme ardéchois, la Dame Blanche d'Alba-la-Romaine (07)
Alba-la-Romaine en Ardèche : Au printemps, en période de la lune rousse, c'est-à-dire début mai, les automobilistes peuvent être amenés à faire une bien étrange rencontre...
En quittant l'autoroute A6 à Montélimar pour arpenter le département de l'Ardèche par la Nationale 102, les automobilistes peuvent être amenés à croiser le chemin d'une auto-stoppeuse fantôme des plus tenaces et d'un genre très particulier : elle n'apparaît pas vêtue de blanc, mais sanglée de cuir, en costume de motard; l'apparition n'est pas nocturne, mais se manifeste toujours en fin d'après midi, avant le coucher du soleil. Cette stoppeuse se laisse conduire sur une bonne trentaine de kilomètres, déroulant au fur et à mesure du parcours une très étrange litanie.
Cette manifestation a été observée plusieurs dizaines de fois, se déroulant toujours selon un schéma extrêmement rigoureux et planifié.
Laissons la parole à l'une des victimes de cette auto-stoppeuse fantôme.
Le témoignage que vous trouverez ici, reproduit à la virgule près, émane de Mr Régis P., de Lyon.
Son récit des faits, affirme t-il, pourra être vérifié à la gendarmerie d'Aubenas, bien informée sur ce phénomène à répétition.
Mr Régis P., de Lyon « Professeur de maths dans un lycée de Lyon, je ne suis pas précisément superstitieux. Mais c'est tout de même une drôle d'aventure qui m'est arrivée récemment, au printemps 1996, et me donne à réfléchir.
Propriétaire d'une bergerie que je restaure dans le sud de l'Ardèche, je m'y rends chaque week-end en voiture avec mon épouse, empruntant l'autoroute A6 depuis Lyon, vers la province sud, jusqu'à Montélimar. Or au printemps dernier, un samedi soir, nous venions de quitter l'autoroute et de traverser le Rhône, lorsque, dans un virage, une auto-stoppeuse en combinaison de cuir, un casque de motard sous le bras, nous fait timidement signe de la main.
Je m'arrête. Elle me demande où nous allons, je le lui dis. Ça paraît lui convenir, alors je la fais monter à l'arrière. Apparemment, c'est une jeune fille très belle, au teint pâle presque blanc, pas très loquace, que je distingue fugitivement dans mon rétroviseur.
Le soir tombe. J'allume mes phares. Je roule à mon allure, c'est-à-dire assez vite. A un moment donné, la passagère me demande :
- Pouvez-vous ralentir un peu, Monsieur, je ne me sens pas très bien?
Je lève le pied, râlant au fond de moi-même, car je n'aime pas rouler de nuit sur ces petites routes sinueuses aux bas-côtés mal balisés. Dix minutes plus tard, peu après Alba, elle remet ça, d'une voix plaintive, presque blanche :
- Monsieur, je vous en prie, roulez moins vite !
Je rétrograde encore, tandis que mon épouse, qui sent que je bous intérieurement, pose sa main sur mon genou pour me calmer.
Nous traversons Villeneuve à trente à l'heure et j'accélère un peu à la sortie du bourg. Mais, je vous le jure, je ne roulais pas à plus de cinquante ou soixante à l'heure; la route ne se prête nullement aux excès de vitesse.
Malgré cela, au bout d'un quart d'heure, voilà ma stoppeuse qui geint :
- Pour l'amour de Dieu, Monsieur, voulez-vous modérer votre allure! Je me sens vraiment mal! Sinon, je vais être obligée de descendre !
« Quelle enquiquineuse », me dis-je en ralentissant et me contraignant à rouler à quarante à l'heure !
Soudain j'entends comme un soupir, je regarde dans mon rétroviseur et je ne vois plus la stoppeuse.
J'arrête brusquement la voiture au bord de la route et me retourne. La banquette arrière est vide.
Je regarde ma femme, effaré ! Elle est aussi surprise que moi.
- Cette idiote n'a tout de même pas sauté par la portière? On l'aurait entendue!
Surpris et un peu anxieux tout de même, je fais demi-tour et roule au ralenti jusqu'à l'entrée de Villeneuve.
Nous croisons peu de voitures. Je scrute attentivement le visage des passagers, mais apparemment notre inconnue n'est pas à leur bord. Elle ne se trouve pas non plus au bord de la route !
Je refais demi-tour et roule en silence et pleins phares jusqu'à Aubenas. Je m'arrête à la gendarmerie.
Deux hommes écoutent sans trop d'étonnement mon étrange récit un peu décousu. Quand j'ai fini de décrire la fille, ils hochent de la tête en souriant. « Ah ! », me dit l'un d'eux le plus sérieusement du monde,
Vous êtes le troisième à voir la « larve » cette année. Depuis sa mort accidentelle à moto, il y a trois ans sur cette même route, cette fille reparaît chaque printemps à la lune rousse...»

Dans ce récit, notre dame a passé près de vingt minutes en matérialisation totale dans un seul véhicule et ce sur une distance de près de trente kilomètres. C'est un cas très rare par sa durée comme par la fréquence de ses réapparitions au bord de la même route.
Deux personnages ont été trompés par cette apparence.
Article signé Jean-Pierre Girard
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